après le retour, le jeudi 21 février

Bonjour Chacune, Chacun,

Longtemps après le retour, il est étrange d’écrire sur le festival de danse qui a eu lieu il y a deux semaines, dans un autre monde – ou presque.

Pour ne pas oublier ce qui m’avait le plus marqué sur le moment, j’ai pris quelques notes : ce récit est rédigé à partir de cette matière.

Il s’agit du festival Tamadia mentionné dans un des mails précédents, qui aurait pu être une victime du shutdown aux Etats-Unis. Il a finalement eu lieu, avec une programmation réduite.

Rodrigue et Mossé nous déposent à la cérémonie d’ouverture : ils ne restent pas, il y a les pièces à mouler à l’atelier. Il y a un grand chapiteau en plein air dans l’espace public, la scène est l’espace central simplement en terre, les femmes des cours environnantes en ont profité pour sortir de petits étals où elles proposent arachides grillées, boissons, etc…..

C’est un mélange étonnant de bricolage bon enfant  et de solennité. Nous arrivons au moment de l’hymne national : c’est un moment grave, où chacun chante tous âges et fonctions confondues. Il est conclu par un vibrant ‘la patrie ou la mort’ scandé par les participants, le poing levé.

Un jeune homme plein d’énergie assure la présentation et les transitions. Il passe avec aisance du français au dioula, et se risque même à plaisanter en anglais. Le thème du festival est ‘danser pour résister, danser pour exister’, ce qui évidemment prend un relief particulier compte tenu de la situation au Burkina – qui vient d’entamer son rôle de présidence du G5 Sahel. Le slogan est ‘in ‘n’out dance’, que le présentateur fait reprendre au public plusieurs fois.

Le premier discours est celui des organisateurs.  Comme chaque discours qui suivra, il y a une litanie étonnante de personnes auxquelles un hommage est rendu en début de discours : organisateurs et financeurs bien sûr, la mairie qui donne également les autorisations et des moyens logistiques, jusque que là rien que de classique. Puis viennent les chefs coutumiers et religieux, les militaires et paramilitaires, ce qui est plus surprenant pour nous. Ils ont chacun des représentants au premier rang de l’assemblée.

Les organisateurs insistent sur l’importance de passer le relai , de s’assurer que l’existence du festival, des ses financements, de son organisation ne repose pas uniquement sur le créateur et qu’il lui survivra. Tout le monde semble d’accord sur l’importance de la culture comme élément de résistance en ces temps troublés. L’ambassade des Etats-Unis est représentée par la directrice de l’institut français, qui fait un discours pour tous les sponsors. Pendant ce temps, la banderole du festival qui n’était pas prête pour le premier discours d’ouverture arrive en arrière-plan, portée puis plantée en fond de scène.

Deux prestations de danseurs traditionnels ponctuent l’ouverture : un groupe de ‘vieux’, un groupe de jeunes. L’énergie caractérise ces derniers : des percussions très présentes, des chorégraphies collectives, et des performances individuelles impressionnantes où les danseurs semblent beaucoup s’amuser : flips, cabrioles, roues, saltos… on voit bien comment se passe l’apprentissage : ceux qui connaissent le mieux les parties collectives de la chorégraphie sont devant, et les autres suivent avec plus ou moins d’approximations et de décalages. Le 4ème adjoint au maire, délégué à la culture, ira un moment sur scène pour danser quelques pas et sera très applaudi.

Le programme était prévu  avec des manifestations dans plusieurs villes, et à la maison d’arrêt de Bobo Dioulasso. Finalement, seules les manifestations sur cette place sont maintenues. Chaque soirée est en deux parties : une première partie avec 3 spectacles de danseurs professionnels qui proposent des danses contemporaines au vocabulaire fort différent de celui que la plupart des spectateurs connaissent, et une seconde partie de scène ouverte.

Comme je n’aime pas courir en début de soirée, où je retrouve Awa ou Pauline, j’arriverai toujours à la fin du dernier spectacle de la première partie. La première fois, la danseuse se dévêt sur scène, finissant en short et soutien-gorge. Le public réagit fortement, probablement déconcerté par cette nudité inhabituelle.

Pour la deuxième partie, le public est très jeune, massé en plusieurs rangées et souvent debout autour de la scène. La première soirée, je viens avec Awa. Elle veut absolument être assise : elle se saisit d’une chaise, fend les premières rangées de jeunes gens, fait se déplacer plusieurs personnes pour installer la chaise. Pendant ce temps, sur scène, la danseuse court dans un cercle de couteaux jusqu’à l’épuisement. Euh Awa, on peut attendre la fin du spectacle pour s’installer ? Ah bon pourquoi ? eh bien , pour la danseuse qui nous propose sont travail sur scène …. Je serais bien rentrée sous terre…

Il y a deux acteurs majeurs pour la scène ouverte : un monsieur Loyal, qui annonce les artistes et propose des compétitions de danse ou de chant, et un monsieur Ordre et Sécurité, équipé d’une matraque, et aussi baraqué que le premier. Le premier soir il y a un homme visiblement très alcoolisé qui veut être de tous les spectacles. Il est ramené avec plus ou moins de délicatesse et toujours avec fermeté dans le public, et revient toujours sur scène. Chacun s’en accommode avec plus ou moins d’aisance ou de détachement.

Il y a des artistes qui commencent à se faire un nom, et beaucoup d’adolescents – des garçons –  qui chantent du rap. C’est souvent du play-back de morceaux connus du public. Si la régie a du mal à faire passer le morceau, pas grave : ils font ça en ‘free style’, comprenez a capella.

Un duo d’hommes jeunes, manifestement rompu à la scène, chante en Dioula. Awa se lève, et va danser entre eux. Sa danse est simple, elle est juste ‘là’. Lorsque je lui demanderai pourquoi elle a choisi de danser, et pourquoi à ce moment-là, elle explique : c’est une chanson sur les ‘Donso’ – chasseurs traditionnels – et son mari est donso. Et on parle de Coulibaly dans la chanson, et ma grand-mère est Coulibaly – c’est un nom de famille. Cela n’étonne personne, ni les chanteurs ni le public. Il y aura d’autres prestations où un spectateur viendra partager la scène un moment avec ceux dont c’est le moment.

Quand le public n’aime pas la proposition, il scande ‘Descend , descend’ et il faut quitter la scène. C’est là qu’intervient monsieur Loyal si le perdant refuse de comprendre la sanction du public.

Il y a aussi beaucoup de mise en compétition de danseurs, et c’est toujours le public le juge final. Monsieur Loyal demande 4 danseurs : il y en a 10 sur scène. Monsieur Loyal demande 4 danseuses : personne. Et pourtant l’assemblée est pleine de filles. La seconde soirée, il rythmera une compétition entre des duos de danseurs et danseuses, et c’est la seule fois où je verrai des filles sur scène. Les corps sont très collés l’un à l’autre, les danseuses souvent très lascives. L’art de remuer les fesses doit être un critère important de jugement de la danse des filles : quand c’est leur moment solo, elles tournent le dos à la scène. C’est très surprenant de voir cela en pleine lumière, comme une irruption dans une intimité exposée.

Voilà ce qui me reste en mémoire de ces soirées du festival à la belle étoile, le dernier épisode de ces envois sera la recette de la patine en bronze.

 

Bises et ou amitiés

le vendredi 15 février

 
bonjour Chacune, et Chacun,
 
une amie arrive de France, le réseau qui bafouille souvent, Bruxelles airlines qui est en grève le jour prévu du retour, et nous impose de rentrer deux jours plus tôt, la fatigue qui finit par arriver  : je n’ai plus trouvé le temps de vous écrire.
je suis donc de retour, et la vie parisienne et la course associée reprennent. je rentre dans ma campagne la semaine prochaine, et prendrai le temps de vous écrire un dernier mail.
 
Au menu : les réalisations dans l’atelier, le festival de danse – avec différents aspects, la cérémonie d’ouverture, les scènes ouvertes, le public ….
 
Amitiés et ou bises à votre guise,

le jeudi 31 janvier

Bonjour Chacune, Chacun,

un ‘enregistrer’ au lieu de ‘enregistrer sous’ malheureux, et voilà un
épisode de perdu …
j’y parlais fabrication de l’attiéké, mariage, et école – parce qu’ici
aussi, on se demande quelle est la meilleure réponse à apporter aux
violences à l’école : depuis plusieurs jours, les enseignants sont en
grève à cause d’un père violent qui a mis KO deux d’entre eux.

tant pis, voici donc l »épisode qui suit :

Hier soir, tard, Awa vient me trouver : viens chez nous, mon mari joue
du xylophone et il chante. Comment résister à une telle invitation ?
d’autant plus que je me battais avec mon ordinateur pour changer le
mot de passe par défaut du réseau et que je n’arrivais pas à me
reconnecter. Je suis donc Awa : la cour est grande. il y a un abri
avec 2 bœufs, des chèvres, et une grande terrasse éclairée par un
néon. Dehors, en plus du mari d’Awa, il y a des femmes adultes, des
jeunes femmes et jeunes filles, 3 petits enfants et un bébé dans les
bras de sa maman. Comme le mari a des co-épouses, et que cela fait
souffrir Awa, je ne demande pas qui est qui.
C’est un xylophone à 2O lames, qui doit faire environ 1m40 de long. Je
trouve le son très agréable, à la fois doux et sonore. J’apprendrai
plus tard dans la soirée qu’il est désaccordé ; en effet, sous chaque
lame de bois il y a une calebasse entière trouée, avec de la toile
d’araignée sur le trou. Les sons sont produits par l’ensemble lame de
xylophone-calebasse. les toiles d’araignées contribuent à définir la
note. Une des petites filles – toute petite, qui ne parla pas encore
beaucoup – a voulu faire du nettoyage et a ôté toutes les toiles
d’araignées. Il faudra réaccorder la calebasse en remettant de la
toile !
Le mari d’Awa joue un nombre incroyable de mélodies, passe de l’une à
l’autre et d’un rythma à un autre avec beaucoup d’aisance. Ce qu’il
chante est manifestement improvisé : des comptines, pour les tous
petits – maman a donné du ait, maman a donné de l’eau, maman a donné
du chocolat …. Et d’autres chants où j’entends le mot ‘toubabou’
revenir régulièrement – la blanche, en dioula, on doit parler de moi.
Les enfants dansent, et Awa m’incite à les rejoindre. Là encore la
petite fille se met immédiatement à mon diapason. Comme de temps en
temps elle ôte son bonnet, secoue sa jupe – 2 volants de gaze et de
satin s’il vous plaît -, je joue à établir un dialogue avec elle en
reprenant ses gestes … adaptés – je n’ai pas de bonnet. Cela la
déconcerte et fait beaucoup rire les adultes. De temps en temps, le
petite fille interrompt sa danse pour aller faire un câlin au bébé.
Les chants et la musique s’arrêtent. Nous parlons des problèmes de
réseau, du travail dans l’atelier des bronziers,… et la conversation
arrive sur la situation difficile au Burkina, largement aggravée par
les problèmes de sécurité. Le mari d’Awa est un donzo – chasseur
traditionnel. Il me dit être responsable de la cellule locale
anti-terroriste. Il partage partiellement une analyse que j’ai écoutée
sur le net, faite par un philosophe malien : les affrontements entre
peuls et dogons, qu’ils soient au Mali ou au Burkina, sont crées de
toutes pièces par des personnes extérieures à ces communautés. Il ne
partage par contre pas le point de vue sur l’origine de ces
mercenaires : pour le philosophe Malien, ces mercenaires viennent de
Côte d’Ivoire. Il y a là-bas de nombreux hommes désœuvrés, et sachant
utiliser des armes après la guerre civile. Ils seraient armés par
Blaise Compaoré, le président déchu et réfugié en côte d’Ivoire. Pour
ce chasseur, les hommes armés qui viennent tuer Dogons et Peuls sont
des ex-membres de l’armée Burkinabé – plusieurs centaines, quand même
! – , démis de leurs fonctions après un complot contre Blaise Compaoré
qui a été déjoué. Ils n’ont pas été autorisés à réintégrer l’armée à
la chute de celui-ci. Ce sont aussi des hommes de guerre. Ils se
seraient associés aux membres des groupes islamistes et des Touaregs
qui ont pris le contrôle du nord du Mali.
Je me souviens d’une analyse faite par un général américain sur la
guerre en Afghanistan : qui a intérêt à ce que la guerre s’arrête ?
qui à ce qu’elle continue ? si la balance penche trop fort vers le
deuxième plateau, il n’y a aucune raison que cela s’arrête. Et tant
pis pour les populations civiles.
J’avais été intriguée lors d’un voyage précédent par la survivance des
structures sociales très anciennes avec des rois, des chefferies, et
par l’articulation entre ce qui appartient à l’état nation  –
gouvernement, président élu, parlement, communes et mairies …et ces
structures. Oui, ces structures sociales sont très anciennes. Elles
sont continué à vivre pendant la période coloniale. Il me parle de
‘l’état dans l’état’ : la plupart des hommes et femmes politiques de
carrière sont issus de ces familles de pouvoir. Il sont dans le
gouvernement les relais des points de vue et des décisions prises par
les chefs des chefferies, ou les rois. Toutes les chefferies n’ont pas
choisi cette stratégie pour noyauter le pouvoir : ainsi, à Bobo, les
chefs traditionnels ont choisi de ne pas se mêler de politique. Cela
leur permet de garder leur indépendance, et leur neutralité, et qu’ils
se soucient du bien commun plutôt que de la fidélité à un parti.
D’après lui, cela contribue aussi à éviter que les problèmes de
terrorisme ne gangrènent aussi la région de Bobo jusqu’ici plutôt
épargnée.
Un peu d’espoir pour une parcelle d’espace en paix, donc….
Il est tard, je demande à rentrer : il me raccompagne jusqu’à la
porte, et Awa jusqu’à la maison – à 300 mètres. Je recommence la lutte
interrompue avec l’ordinateur, et je vainc.

Bises et ou amitiés

le lundi 28 janvier

Bonjour Chacune, Chacun,

Tout d’abord, 2 réponses à des questions posées par vous les lecteurs !

–          L’attiéké est une semoule élaborée avec du manioc fermenté. C’est disponible aussi à Montreuil ! Pour en savoir plus sur le comment, le où … : https://fr.wikipedia.org/wiki/Atti%C3%A9k%C3%A9

–          Pour la température et les bébés qui ont des bonnets, le site météo indique 18°C le matin, et 35 au plus fort de la journée ; pour parler des températures ressenties chères à nos météorologues,  le matin à 7 et demi, je porte un t-shirt avec des manches longues et un pull léger pour prendre le thé dehors à l’ombre. Une demi-heure plus tard, le t-shirt manches longues me suffit largement , et à partir de 8h30, le t-shirt manches courtes est de rigueur au moins jusqu’au coucher du soleil. je vois de petits bien protégés même en milieu de journée.

Lorsque j’arrive ce matin dans l’épicerie pour prendre mon thé, il y a une dame âgée en train d’acheter du riz. Le riz se vend en vrac, directement à partir des sacs dans lequel il est conditionné par 25 ou 50 kg – idem pour le sucre, le sel …. J’en profite pour regarder les origines de ces différents produits. Le sucre vient du Brésil, c’est écrit dessus en portugais. Pour le riz il y a diverses origines et donateurs :

–          Du riz indien 5% ( c’est bien énigmatique : c’est quoi les 95 % restants ?)

–          Du riz ‘offert par le peuple japonais’ ; le sac est orné du drapeau ad hoc ; il n’y a pas de mention de lieu de production du riz

–          Du riz ‘produit en Thaïlande’, avec la mention Oncle Sam et le portrait associé, un logo ‘groupe carré d’or’ : est-il offert ? par qui ? les informations sur le sac ne donnent guère d’éclairage.

Au Burkina Faso, on produit du riz aussi mais je n’en vois pas trace ici. Tous ces sacs sont posés à même le sol, je me suis demandé après comment ces trésors sont protégés des rongeurs.

Plus loin, près d’un endroit qui vend force flacons recyclés et poussiéreux, un vieil homme tient un stand avec des cordes faites de lanières de sacs de riz et de sucre tressées : tout est utile et utilisé.

A la télévision hier, le prix maximum de produits alimentaires jugés de première nécessité était affichés à l’écran ; j’ai retenu celui-ci : baguette de 200g, 150 Fcfa. Le pays est fortement déficitaire en produits alimentaires, et des prix maximum sont fixés sur certains produits pour éviter la flambée des prix et la spéculation. Le ciment est aussi considéré comme de première nécessité, son prix est fixé à 5 000 FCFA le sac – ce qui se comprend aisément : vu l’augmentation de la population, les besoins en constructions sont importants.

Ce midi, je cherche du riz soumbala : c’est du riz préparé avec du néré, une légumineuse utilisée en condiment qu’on trouve facilement au marché. Ça se présente comme des petites boules de lentilles noires. La marchande qui pourrait en avoir a préparé du riz blanc : Awa me propose d’acheter du riz gras, et de faire une préparation soumbala qu’on y ajoutera. En échange, je lui propose d’en préparer également pour elle et de lui acheter une portion de riz. Achat de néré, d’un oignon et nous voilà dans une cour proche de sa boutique. Un vieux monsieur nous accueille, et il y a sous l’auvent plusieurs femmes ou jeunes filles occupées à la préparation du repas. On sort un fauteuil pour moi, et j’assiste aux divers préparatifs. Ça se chambre et ça plaisante : la femme du vieux monsieur, une matrone imposante, me demande de l’emmener en France. Awa appuie la demande : elle aura le champ libre pour faire du monsieur son mari. Assistent à ces échanges une jeune fille au regard triste qui coupe des oignons en silence et sans enthousiasme, une jeune femme maman d’une petite fille qui me détaille avec la droiture des enfants, et une deuxième jeune fille dont je ne verrai pas le visage, penchée qu’elle est pour nettoyer le sol.  Il y a force braséros, pilons et récipients divers. Je vois une belle calebasse patinée par l’usage et qui a une réparation : une fêlure est réparée par une suture. L’oignon est coupé, le néré grossièrement pilé, un braséro allumé et la cuisson commence. Nous laissons la préparation aux bons soins de ces dames et regagnons le banc à l’ombre face à la boutique d’Awa. C’est l’heure du déjeuner les petites filles rentrent de l’école : tenue de football vert, un pull, des sandales et grandes chaussettes qui montent jusqu’au genou. Vous avez fait du sport à l’école ? oui, on a couru (il faut laisser traîner un peu le ‘ou’ de couru et rouler légèrement le’r’). Elles sont dans mes bras, me font une bise, passent les mains dans mes cheveux  en faisant des commentaires. Il y a du blanc et il y a du noir comme nous. tu as des mèches ? non, c’est mes vrais cheveux. Et toi ?  c’est tes vrais cheveux ? oui. et toi ? moi aussi. Le riz et la préparation sont finalement emballés et me voilà en route pour l’atelier : la préparation y sera bien appréciée.

Je m’essaye un peu au dioula. Certes, mon ‘ani sogoma’ matinal fait beaucoup rire à la table où je prends mon thé.  Rodrigue me facilite la tâche : An ka ta ? on y va ? euh … je réponds comment :  on y va. Tu peux répondre Mmmmmmhhh . Merci Rodrigue ! la graine que j’ai mangé le premier jour et que j’ai écrit ‘Tioko’ est utilisée pour faire du jus ‘tioko dji’ (dji, c’est facile c’est l’eau). Mais la prononciation est plus compliquée que ça : le ‘tio’ du début est entre ‘tio’ et ‘tcho’ et le ‘ko’ et presque comme la jota espagnole suivi d’un ‘on’ très nasal. Même pour mémoriser ces deux syllabes à peu près correctement il me faudra une demi-journée ! sur la carte des restaurants, cette boisson s’appelle ‘horchata’, c’est plus facile pour moi. Passons à bonne soirée : ka sou éré. Sou : la nuit, éré : bon, bien. et ka alors ? ka c’est l’idée du déroulement. Il faudra que je pense à demander si le ‘ka’ de ‘ka sou éré’ est le même que celui de ‘an ka ta ?’ .

Ce matin c’est samedi, et je cherche à m’équiper en shampoing. Je suis déjà allée dans une assez grosse boutique pas loin : il y a force déodorants et crèmes éclaircissantes, hydratantes, apaisantes, émollientes, mais de shampoing point ! j’ai repéré une autre boutique qui vante ses produits sains, ses boissons sans sucre ajouté, qui est grande et qui est ouverte depuis peu. J’y tente ma chance ; la boutique est déserte ; à part la vendeuse derrière sa caisse, personne. Au rayon produits d’hygiène, il y a 10 mètres linéaires de dentifrices et brosses à dents, tout ce qu’il faut pour se raser se parfumer, se laver les mains, se talquer, et deux shampoings seulement : un de luxe, à l’aloé vera dans un petit sac de présentation dédié, et forcément très cher, et un au soufre contre les pellicules. Va pour celui au soufre. Je traîne dans la boutique : Chardonnay et Moët et Chandon, petits pois en boîte et maïs itou, petits beurre et biscuits fourrés sont proposés au chaland dans une atmosphère feutrée et climatisée…Comme j’ai entamé une lutte sans merci contre les moustiques, j’achète aussi les tortillons verts que vous connaissez certainement. Efficacité garantie en 10 secondes, c’est écrit dessus ! Une vraie caisse avec des produits scannés, et un ticket… le temps de passage à la caisse, je remarque qu’il y a des caméras de surveillance partout dans la boutique – fonctionnent-elles et y a-t-il un surveillant derrière, ça bien sur je ne le sais pas. Sur le chemin du retour, je passe devant les étals au sol – en plein soleil : vente de portable à des degrés divers de dégradation, petits jouets aux couleurs pastel, made in China, soigneusement étalés sur 5 rangées et sous cellophane, chaussures pour enfants en lignes impeccables. Cela me fait penser aux vendeurs du métro, ou à ceux des puces de Montreuil .

Plus tard, voyant que j’ai acheté des tortillons verts, Awa me recommande l’usage d’une boîte adaptée vendue pas sa voisine : sur une base de grosse boîte de jus de tomate ronde, un croisillon cranté en métal  de la hauteur de la boîte a été ajouté. On met la spirale en train de de consumer sur le croisillon cranté, et les cendres tombent dans la boîte. Cela sert à la fois de support et de cendrier. j’en fais l’acquisition pour 150 FCFA (25 cts d’euro).

Au programme de dimanche : visite de la fille d’Awa – la maman des petites filles -, et mariage !

Bises et ou amitiés

le 23 janvier 2019

Bonjour Chacune, Chacun,

A la relecture de l’envoi précédent, il me semble que je vous ai fait
une mosaïque de pastilles qui manque peut-être de rondeurs et de
transitions. Je vais essayer de m’améliorer ! même si le mode des
instantanés varie peu …

Comme je n’ai pas encore réussi à bien régler mon frigo, je fais subir
différents tests à mes visiteurs : carottes glacées ? pas terrible …
tomates glacées ? pourquoi pas si elle sont bien mures …. Poivron vert
glacé ? se grignote aisément …Avocats glacé : mmmhhhh … intéressant …
mangue glacée : adoptée à l’unanimité, d’autant plus que ce sont les
premières de la saison  !
La saison des haricots verts semble être sur le déclin : la portion de
haricots au marché – qui se mesure en boîte – est passée de 150 Fcfa
(25 cts d’euro) à 200 FCFA – je vous laisse faire le calcul. Par
contre la saison des salades bat son plein , une salade coûte 50 Fcfa
et elles sont juste délicieuses. Une petite botte de persil, c’est 25
Fcfa, tout comme un poivron – ils sont petits et très parfumés. Awa me
propose de me cuire des haricots pour ce soir, à faire en salade : je
pourrai probablement tester le haricot cuit glacé !

Si le soleil pique fort en milieu de journée, les nuits sont fraîches
et ce soir la soirée aussi. Les enfants sont donc copieusement
emmitouflés même dans la journée : bonnets – de préférence rose ou
orange fluo -, plusieurs couches de pulls et blousons.. et nombreux
sont ceux qui portent bonnets et blousons même en journée. un ami du
tailleur me dit ‘ici on grelotte !’.

Je trouve l’atelier bien sec et aride, et il y a de nombreux endroits
en bord de route qui vendent des plantes d’ornement. Un sachet fait
office de pot, avec une taille adaptée à celle du plant bien sûr : les
sachets dans lesquels l’eau potable est vendue doivent largement
contribuer à la germination et au développement de toute cette
végétation.
 Je propose donc à Mossé et Rodrigue d’acquérir des plantes, pour
avoir un peu de verdure et d’ombre – pour l’ombre, j’ai déjà demandé
et obtenu une couverture pour les toilettes, qui évite d’être en plein
soleil. Un vieille porte qui était dans l’atelier, mais pas avec une
fonction très importante, s’est donc transformée en toit : elle a
juste été élevée jusqu’en haut du mur des toilettes, et posée. Je
précise : les toilettes, c’est un trou profond dans un coin de
l’atelier, recouvert d’une dalle en ciment avec une ouverture comme
des toilettes à la turque, et entouré de 3 murs et une porte. C’est le
modèle qu’on trouve dans toutes les cours ici. Quand le soleil tape,
l’ambiance y est étouffante !
Retour aux plantes : ce sera donc certainement deux bougainvillées, et
des plantes pour faire deux petites haies. Il restera à choisir
lesquelles : avec fleurs, ou non ? qui pique ou pas ? qui devient
grand comment ? qui a besoin de beaucoup d’eau ou pas ? Opération de
choix, d’achat et de plantation prévue pour ce vendredi !
A propos d’eau, une vielle barrique de l’atelier sert de piscine et
d’abreuvoir pour les oiseaux : retournée, le fond un peu creux, de
l’eau y est versée chaque jour. Et le matin en effet ça s’ébroue et ça
piaille, les espèces différentes se succédant les plus gros chassant
les plus petits.
L’atelier est un sujet de curiosité pour les enfants des cours
voisines ; il y a en particulier un petit garçon, trop petit pour
aller à l’école, qui vient chaque jours plusieurs fois. Il est
étonnant : très calme, très observateur, il veut faire comme les
grands. Hier en fin de journée, il s’est attablé avec nous autour de
beignets qui ont été partagés sans façons. Aujourd’hui est jour de
finition de sculptures pour Mossé et Rodrigue : les limes et les étaux
sont de sortie. Le petit garçon est bien plus petit que l’établi : il
se hisse sur la pointe des pieds et tâtonne sur la table pour trouver
un outil, et s’installe ensuite sous l’établi pour limer avec
application les pieds de celui-ci, tout comme Mossé lime la sculpture
coincée dans l’étau.
Nous avons la visite d’Aïcha, l’administratrice. Elle travaille
également pour une compagnie de danse, et en particulier organise
depuis plusieurs semaines un festival qui doit – ou devrait ? ou
devait ? – se tenir la semaine prochaine. Mauvaise nouvelle
aujourd’hui : un des sponsors principaux se retire du projet. Motif
officiel : organiser des rassemblements publics n’est pas une bonne
idée dans le contexte actuel. Il n’y a pourtant pas eu de changement
dans les risques liés au terrorisme ces derniers jours ou ces
dernières semaines. Alors, pourquoi maintenant ?  Motif certainement
plus réel mais inavoué : le sponsor est l’ambassade des Etats-Unis, et
le festival est une victime collatérale du shutdown. Cela nous donne
l’occasion d’échanger sur notre détestation commune de Trump.

voilà pour l’envoi de ce soir,

bises ou (inclusif) amitiés

le 20 janvier 2019

Bonjour Chacune, bonjour Chacun,

 

Je vous propose le récit de mon voyage au Burkina, vous pouvez me demander de ne plus en être destinataire quand vous voulez. Sans images cette fois, j’ai oublié le chargeur de la pile de l’appareil quelque part ailleurs.

 

Grâce aux bons soins d’Issa, qui a organisé mon arrivée – puce téléphonique, un peu de Francs CFA, réservation d’hôtel – …, et de son neveu Innocent, qui m’accueille à l’aéroport à Ouagadougou, me voici bien arrivé à Bobo Dioulasso. J’y reprends mes quartiers pour un mois.

Je suis dans le même hôtel que l’année dernière : je retrouve l’épicerie où je prends mon thé le matin, le marché à 3 pas, le café internet un peu plus loin et le stand de grillades à côté….

Une partie des personnes me reconnaissent, me souhaitent bonne arrivée, et je découvre l’expression ‘ça fait 2 jours’.

–          Eh bonjour ! ça fait deux jours, hein ?

–          comment ça va ?

–          on est là posés calés

–          et la famille ?

–          la famille ça va.

J’ai vu dans l’expression d’Innocent combien cela lui faisait plaisir que je lui demande des nouvelles. Je reprends contact aussi avec le rituel en Dioula.  Au marché, dimanche matin, je m’attirerai l’aigreur d’une dame pour m’être trompée de réplique – à ‘Ani Sogoma’, on ne répond pas ‘Akakéné ?’ , c’est parfaitement ridicule, mais ‘Eré Sira’. Et à ‘Sogomodo ?’, il faut répondre ‘Somogodo bê’.

Le vieux qui est dans l’épicerie à Bobo m’aborde de manière un peu plus rude, ‘et pourquoi elle revient celle-là ?’. l’année dernière il m’avait entreprise pour que je lui trouve une correspondante. Je lui avait demandé comment il souhaitait que je le présente, c’était manifestement une question qu’il ne s’était pas posée… dès le deuxième matin, cette fois-ci, il recommence…. J’y mets manifestement de la mauvaise volonté : si je lui demande quelqu’un avec qui correspondre, lui peut me fournir une liste de 20 personnes en qqs minutes. J’essaie de lui expliquer que mmmhhhhh ….. la relation n’est pas symétrique …. Que en France les gens courent beaucoup et ne vont pas prendre la peine de correspondre avec quelqu’un qu’ils ne connaissent pas …. Peine perdue. S’il insiste trop, j’envisage de changer d’endroit pour le matin : il est là tous les matins, habite dans la cour d’à côté, et comme c’est un vieux tout le monde est déférent avec lui.

Je vais revoir la tradi-praticienne Awa  au marché : elle m’accueille avec beaucoup de joie, heureuse de me revoir et c’est réciproque. Questions d’usages sur la santé, la famille, tout le monde va bien. Les enfants reviennent de l’école, gouter de beignets et de graines – tioko. Les petites filles sont toujours curieuses de toucher ma peau et mes cheveux. Ah bon vraiment ma peau est si douce que ça ? dans le noir vous feriez la différence entre la peau d’une blanche et la peau d’une noire, vous êtes sures ? Je dois acheter des assiettes et un plat. les enfants m’accompagnent et veulent porter mon sac pour retourner à la boutique. L’une d’elles, fatiguée, s’endort sur moi.

J’offre un parfum à Awa, et je dis que j’ai un cadeau pour toute la famille : l’année dernière j’avais passé un dimanche avec Awa  et 3 de ses petites filles dans la cour de sa maman. J’y avais pris des photos : j’ai fait des tirages de 20 cm x 30 cm de celles que je préférais. La plus grande des petites filles, fine observatrice, voit le carton dans mon sac. La fatigue du voyage l’a entrouvert,  et elle comprend qu’il s’agit de photos. Celles-ci semblent bien faire plaisir, la journée a été longue, et chacun retrouve ses quartiers.

Vendredi, premier jour dans l’atelier. J’y vais à pied, et je longe une grande parcelle où il y a du bois coupé. Je vais voir si je trouve un morceau de bois qui me plait et un homme qui travaille là m’explique : ici c’est le bois pour les boulangeries. Je trouve un morceau où des larves d’ insectes ont laissé leurs marques délicates et répétitives entre le bois et l’écorce. Aie, je ne peux pas partir sans rien donner, demander pour juste un morceau c’est délicat… je finis pas demander : le patron est bien embêté lui aussi. Il finit par me demander 1 000 F, ce qui me semble bien cher pour une seule buche ! – ici un plat de riz avec du poisson dans une gargote, c’est 500F. il me dit donne ce que tu veux, je donne 400 F, il a l’air déçu et j’espère que c’est assez quand même.

La journée  l’atelier se passe à faire diverses tentatives de moulage des empreintes sur le bois. C’est Mossé qui trouve la solution : il faut verser de la cire liquide sur toute la surface à mouler, et pour toute l’épaisseur de cire voulue. Je fais des gabarits en carton, je les mouille pour qu’ils s’adaptent  à la forme du bois, et nous utilisons cela.

Les cuisinières de la gargote du midi sont togolaises ;  la stéréo diffuse une musique calme et rythmée et entraînante – si si elle réussit à être tout ça à la fois. Il s’agit de musique d’Eglise protestante au Togo.

Samedi matin, les petites-filles de la tradi-praticienne me rendent visite : nous dansons un peu, et je vois comme elles captent immédiatement mes mouvements pour les reprendre. Je leur propose de danser comme elles ont envie, sans succès. La plus grande a 7 ans, parle bien français et fait l’interprète avec sa petite cousine de 6 ans. Elles sont fières de me montrer comme elles savent compter en dioula, puis en français, la plus grande sait déchiffrer – elle s’est emparée d’un livre -, et la plus petite fait la forme des lettres dans l’espace. L’école est mixte, les classes aussi, mais les garçons sont d’un côté de la salle de classe et les filles de l’autre. La faim arrive, que leur donner ? il y a au frigo du concombre qui a gelé, nous en dégustons de petits cubes glacés. Il y a aussi des carottes, allons-y pour les carottes. Puis nous allons à l’épicerie pour quelques courses : elles préfèreront les arachides salées au sucrées. La suite du projet n’est pas claire – sieste ? rentrer à la maison ? , et je comprends enfin qu’elles veulent regarder la télévision. Les dessins animés, c’est la chaîne 70. Nous sommes incapables de faire communiquer la boîte canal + et la télévision et celle-ci obstine à nous proposer un écran neigeux. Elles finissent par rentrer chez elles.

 

Samedi soir, je dîne dans un restau en plein air où je mange du poisson grillé et de l’attiéké. Les commandes passées, un jeune homme se présente : il est le ‘manager de la terrasse’. Il veut connaître mon prénom, me parle de sa famille en Guinée Konakry, de ses compétences de mécanicien ….Une jeune femme vient lui parler, manifestement son amie qui voudrait qu’il l’invite. La serveuse le rappelle à l’ordre, et cet étrange manager va vaquer ailleurs sur la terrasse. Quand je suis seule, j’attire régulièrement toutes sortes de ‘managers de terrasse’. A la fin du dîner , je comprends ce que les quelques adolescents déguenillés attendent en bout de terrasse : les restes. Après un échange mi-vif, mi-amusé, le serveur leur donne mon plat qui contenait des arrêtes et un peu d’attiéké. Le plat repart en cuisine parfaitement vide quelques minutes plus tard.

Ce dimanche se passe  à entretenir la flemmagite aigue qui m’a saisie hier après-midi, et je vous envoie ce mail du café internet où je reprends mes habitudes. Quand j’arrive, le tapis de prière est  prêt et le gérant s’apprête à entamer le rituel. Il m’indique le mot de passe du réseau, puis s’agenouille. C’est également le moment où la coupure d’électricité arrête le routeur, et nous devisons 40 m en attendant le retour de la fée Electricité.

Amitiés, bises, selon,

Cécile

 

voilà le printemps et une fenêtre

 

le printemps, de loin de près ….

et une fenêtre vue à Sancerre

 

variations en bleu et rouille : 4 états de la boutique Sodigaz

pendant plusieurs semaines, je passe régulièrement devant cette boutique à pied. C’est le matin, l’heure diffère légèrement à chaque fois. je vous présente 4 états de la boutique :

 

les nouvelles sculptures

De retour du Burkina où j’ai travaillé dans’ l’Atelier des Arts du Feu’ à Bobo Dioulasso, je vous présente mes derniers travaux. C’est mon quatrième stage cet atelier. L’accompagnement y est toujours aussi professionnel et attentif.

Les réalisations de cette fois-ci ont été placées sous le signe de la rencontre entre les matières : j’ai utilisé des matériaux existants – carton, écorce, corne …qui ont nécessité pour certains de faire des moules puis des tirages en cire. La fonte  a mobilisé toutes les énergies et toutes les compétences. Une autre série de sculptures a demandé de travailler le bronze et le fer en association après la fonte , en élaborant la sculpture pas à pas à mesure que son assemblage avançait. Les socles ont été réalisés en métal toujours avec le concours de la belle équipe qui a trouvé les plaques de tôle, et les artisans pour réaliser les socles. Pour quelques sculptures, il a fallu réfléchir à une manière de fixer la sculpture au socle, et c’est l’ensemble de nos réflexions qui a permis de trouver la solution….une sélection des sculptures :

 

Flâner à Nevers

De Nevers je n’avais comme référence que le film Hiroshima mon Amour. J’ai découvert une ville endormie sur la Loire; glorieux passé d’industrie de la faïence, qui en a fait les beaux jours plusieurs siècles : assez pour avoir de magnifiques édifices publics et hôtels particuliers. L’église des Bénédictins est désaffectée, habitée surtout par des pigeons. Une cage a été déposée où ils peuvent entrer et non sortir – avec de l’eau et du grain  ; c’est digne d’une installation d’art contemporain. L’arrivée sur le pont est splendide, flâner le long de la Loire facile … A côté de l’Impasse de belles lunettes, un fleuriste a verdi façade, voiture…le temps que nous avions pour flâner suffit à donner envie de revenir.