le 23 janvier 2019

Bonjour Chacune, Chacun,

A la relecture de l’envoi précédent, il me semble que je vous ai fait
une mosaïque de pastilles qui manque peut-être de rondeurs et de
transitions. Je vais essayer de m’améliorer ! même si le mode des
instantanés varie peu …

Comme je n’ai pas encore réussi à bien régler mon frigo, je fais subir
différents tests à mes visiteurs : carottes glacées ? pas terrible …
tomates glacées ? pourquoi pas si elle sont bien mures …. Poivron vert
glacé ? se grignote aisément …Avocats glacé : mmmhhhh … intéressant …
mangue glacée : adoptée à l’unanimité, d’autant plus que ce sont les
premières de la saison  !
La saison des haricots verts semble être sur le déclin : la portion de
haricots au marché – qui se mesure en boîte – est passée de 150 Fcfa
(25 cts d’euro) à 200 FCFA – je vous laisse faire le calcul. Par
contre la saison des salades bat son plein , une salade coûte 50 Fcfa
et elles sont juste délicieuses. Une petite botte de persil, c’est 25
Fcfa, tout comme un poivron – ils sont petits et très parfumés. Awa me
propose de me cuire des haricots pour ce soir, à faire en salade : je
pourrai probablement tester le haricot cuit glacé !

Si le soleil pique fort en milieu de journée, les nuits sont fraîches
et ce soir la soirée aussi. Les enfants sont donc copieusement
emmitouflés même dans la journée : bonnets – de préférence rose ou
orange fluo -, plusieurs couches de pulls et blousons.. et nombreux
sont ceux qui portent bonnets et blousons même en journée. un ami du
tailleur me dit ‘ici on grelotte !’.

Je trouve l’atelier bien sec et aride, et il y a de nombreux endroits
en bord de route qui vendent des plantes d’ornement. Un sachet fait
office de pot, avec une taille adaptée à celle du plant bien sûr : les
sachets dans lesquels l’eau potable est vendue doivent largement
contribuer à la germination et au développement de toute cette
végétation.
 Je propose donc à Mossé et Rodrigue d’acquérir des plantes, pour
avoir un peu de verdure et d’ombre – pour l’ombre, j’ai déjà demandé
et obtenu une couverture pour les toilettes, qui évite d’être en plein
soleil. Un vieille porte qui était dans l’atelier, mais pas avec une
fonction très importante, s’est donc transformée en toit : elle a
juste été élevée jusqu’en haut du mur des toilettes, et posée. Je
précise : les toilettes, c’est un trou profond dans un coin de
l’atelier, recouvert d’une dalle en ciment avec une ouverture comme
des toilettes à la turque, et entouré de 3 murs et une porte. C’est le
modèle qu’on trouve dans toutes les cours ici. Quand le soleil tape,
l’ambiance y est étouffante !
Retour aux plantes : ce sera donc certainement deux bougainvillées, et
des plantes pour faire deux petites haies. Il restera à choisir
lesquelles : avec fleurs, ou non ? qui pique ou pas ? qui devient
grand comment ? qui a besoin de beaucoup d’eau ou pas ? Opération de
choix, d’achat et de plantation prévue pour ce vendredi !
A propos d’eau, une vielle barrique de l’atelier sert de piscine et
d’abreuvoir pour les oiseaux : retournée, le fond un peu creux, de
l’eau y est versée chaque jour. Et le matin en effet ça s’ébroue et ça
piaille, les espèces différentes se succédant les plus gros chassant
les plus petits.
L’atelier est un sujet de curiosité pour les enfants des cours
voisines ; il y a en particulier un petit garçon, trop petit pour
aller à l’école, qui vient chaque jours plusieurs fois. Il est
étonnant : très calme, très observateur, il veut faire comme les
grands. Hier en fin de journée, il s’est attablé avec nous autour de
beignets qui ont été partagés sans façons. Aujourd’hui est jour de
finition de sculptures pour Mossé et Rodrigue : les limes et les étaux
sont de sortie. Le petit garçon est bien plus petit que l’établi : il
se hisse sur la pointe des pieds et tâtonne sur la table pour trouver
un outil, et s’installe ensuite sous l’établi pour limer avec
application les pieds de celui-ci, tout comme Mossé lime la sculpture
coincée dans l’étau.
Nous avons la visite d’Aïcha, l’administratrice. Elle travaille
également pour une compagnie de danse, et en particulier organise
depuis plusieurs semaines un festival qui doit – ou devrait ? ou
devait ? – se tenir la semaine prochaine. Mauvaise nouvelle
aujourd’hui : un des sponsors principaux se retire du projet. Motif
officiel : organiser des rassemblements publics n’est pas une bonne
idée dans le contexte actuel. Il n’y a pourtant pas eu de changement
dans les risques liés au terrorisme ces derniers jours ou ces
dernières semaines. Alors, pourquoi maintenant ?  Motif certainement
plus réel mais inavoué : le sponsor est l’ambassade des Etats-Unis, et
le festival est une victime collatérale du shutdown. Cela nous donne
l’occasion d’échanger sur notre détestation commune de Trump.

voilà pour l’envoi de ce soir,

bises ou (inclusif) amitiés

le 20 janvier 2019

Bonjour Chacune, bonjour Chacun,

 

Je vous propose le récit de mon voyage au Burkina, vous pouvez me demander de ne plus en être destinataire quand vous voulez. Sans images cette fois, j’ai oublié le chargeur de la pile de l’appareil quelque part ailleurs.

 

Grâce aux bons soins d’Issa, qui a organisé mon arrivée – puce téléphonique, un peu de Francs CFA, réservation d’hôtel – …, et de son neveu Innocent, qui m’accueille à l’aéroport à Ouagadougou, me voici bien arrivé à Bobo Dioulasso. J’y reprends mes quartiers pour un mois.

Je suis dans le même hôtel que l’année dernière : je retrouve l’épicerie où je prends mon thé le matin, le marché à 3 pas, le café internet un peu plus loin et le stand de grillades à côté….

Une partie des personnes me reconnaissent, me souhaitent bonne arrivée, et je découvre l’expression ‘ça fait 2 jours’.

–          Eh bonjour ! ça fait deux jours, hein ?

–          comment ça va ?

–          on est là posés calés

–          et la famille ?

–          la famille ça va.

J’ai vu dans l’expression d’Innocent combien cela lui faisait plaisir que je lui demande des nouvelles. Je reprends contact aussi avec le rituel en Dioula.  Au marché, dimanche matin, je m’attirerai l’aigreur d’une dame pour m’être trompée de réplique – à ‘Ani Sogoma’, on ne répond pas ‘Akakéné ?’ , c’est parfaitement ridicule, mais ‘Eré Sira’. Et à ‘Sogomodo ?’, il faut répondre ‘Somogodo bê’.

Le vieux qui est dans l’épicerie à Bobo m’aborde de manière un peu plus rude, ‘et pourquoi elle revient celle-là ?’. l’année dernière il m’avait entreprise pour que je lui trouve une correspondante. Je lui avait demandé comment il souhaitait que je le présente, c’était manifestement une question qu’il ne s’était pas posée… dès le deuxième matin, cette fois-ci, il recommence…. J’y mets manifestement de la mauvaise volonté : si je lui demande quelqu’un avec qui correspondre, lui peut me fournir une liste de 20 personnes en qqs minutes. J’essaie de lui expliquer que mmmhhhhh ….. la relation n’est pas symétrique …. Que en France les gens courent beaucoup et ne vont pas prendre la peine de correspondre avec quelqu’un qu’ils ne connaissent pas …. Peine perdue. S’il insiste trop, j’envisage de changer d’endroit pour le matin : il est là tous les matins, habite dans la cour d’à côté, et comme c’est un vieux tout le monde est déférent avec lui.

Je vais revoir la tradi-praticienne Awa  au marché : elle m’accueille avec beaucoup de joie, heureuse de me revoir et c’est réciproque. Questions d’usages sur la santé, la famille, tout le monde va bien. Les enfants reviennent de l’école, gouter de beignets et de graines – tioko. Les petites filles sont toujours curieuses de toucher ma peau et mes cheveux. Ah bon vraiment ma peau est si douce que ça ? dans le noir vous feriez la différence entre la peau d’une blanche et la peau d’une noire, vous êtes sures ? Je dois acheter des assiettes et un plat. les enfants m’accompagnent et veulent porter mon sac pour retourner à la boutique. L’une d’elles, fatiguée, s’endort sur moi.

J’offre un parfum à Awa, et je dis que j’ai un cadeau pour toute la famille : l’année dernière j’avais passé un dimanche avec Awa  et 3 de ses petites filles dans la cour de sa maman. J’y avais pris des photos : j’ai fait des tirages de 20 cm x 30 cm de celles que je préférais. La plus grande des petites filles, fine observatrice, voit le carton dans mon sac. La fatigue du voyage l’a entrouvert,  et elle comprend qu’il s’agit de photos. Celles-ci semblent bien faire plaisir, la journée a été longue, et chacun retrouve ses quartiers.

Vendredi, premier jour dans l’atelier. J’y vais à pied, et je longe une grande parcelle où il y a du bois coupé. Je vais voir si je trouve un morceau de bois qui me plait et un homme qui travaille là m’explique : ici c’est le bois pour les boulangeries. Je trouve un morceau où des larves d’ insectes ont laissé leurs marques délicates et répétitives entre le bois et l’écorce. Aie, je ne peux pas partir sans rien donner, demander pour juste un morceau c’est délicat… je finis pas demander : le patron est bien embêté lui aussi. Il finit par me demander 1 000 F, ce qui me semble bien cher pour une seule buche ! – ici un plat de riz avec du poisson dans une gargote, c’est 500F. il me dit donne ce que tu veux, je donne 400 F, il a l’air déçu et j’espère que c’est assez quand même.

La journée  l’atelier se passe à faire diverses tentatives de moulage des empreintes sur le bois. C’est Mossé qui trouve la solution : il faut verser de la cire liquide sur toute la surface à mouler, et pour toute l’épaisseur de cire voulue. Je fais des gabarits en carton, je les mouille pour qu’ils s’adaptent  à la forme du bois, et nous utilisons cela.

Les cuisinières de la gargote du midi sont togolaises ;  la stéréo diffuse une musique calme et rythmée et entraînante – si si elle réussit à être tout ça à la fois. Il s’agit de musique d’Eglise protestante au Togo.

Samedi matin, les petites-filles de la tradi-praticienne me rendent visite : nous dansons un peu, et je vois comme elles captent immédiatement mes mouvements pour les reprendre. Je leur propose de danser comme elles ont envie, sans succès. La plus grande a 7 ans, parle bien français et fait l’interprète avec sa petite cousine de 6 ans. Elles sont fières de me montrer comme elles savent compter en dioula, puis en français, la plus grande sait déchiffrer – elle s’est emparée d’un livre -, et la plus petite fait la forme des lettres dans l’espace. L’école est mixte, les classes aussi, mais les garçons sont d’un côté de la salle de classe et les filles de l’autre. La faim arrive, que leur donner ? il y a au frigo du concombre qui a gelé, nous en dégustons de petits cubes glacés. Il y a aussi des carottes, allons-y pour les carottes. Puis nous allons à l’épicerie pour quelques courses : elles préfèreront les arachides salées au sucrées. La suite du projet n’est pas claire – sieste ? rentrer à la maison ? , et je comprends enfin qu’elles veulent regarder la télévision. Les dessins animés, c’est la chaîne 70. Nous sommes incapables de faire communiquer la boîte canal + et la télévision et celle-ci obstine à nous proposer un écran neigeux. Elles finissent par rentrer chez elles.

 

Samedi soir, je dîne dans un restau en plein air où je mange du poisson grillé et de l’attiéké. Les commandes passées, un jeune homme se présente : il est le ‘manager de la terrasse’. Il veut connaître mon prénom, me parle de sa famille en Guinée Konakry, de ses compétences de mécanicien ….Une jeune femme vient lui parler, manifestement son amie qui voudrait qu’il l’invite. La serveuse le rappelle à l’ordre, et cet étrange manager va vaquer ailleurs sur la terrasse. Quand je suis seule, j’attire régulièrement toutes sortes de ‘managers de terrasse’. A la fin du dîner , je comprends ce que les quelques adolescents déguenillés attendent en bout de terrasse : les restes. Après un échange mi-vif, mi-amusé, le serveur leur donne mon plat qui contenait des arrêtes et un peu d’attiéké. Le plat repart en cuisine parfaitement vide quelques minutes plus tard.

Ce dimanche se passe  à entretenir la flemmagite aigue qui m’a saisie hier après-midi, et je vous envoie ce mail du café internet où je reprends mes habitudes. Quand j’arrive, le tapis de prière est  prêt et le gérant s’apprête à entamer le rituel. Il m’indique le mot de passe du réseau, puis s’agenouille. C’est également le moment où la coupure d’électricité arrête le routeur, et nous devisons 40 m en attendant le retour de la fée Electricité.

Amitiés, bises, selon,

Cécile

 

voilà le printemps et une fenêtre

 

le printemps, de loin de près ….

et une fenêtre vue à Sancerre

 

variations en bleu et rouille : 4 états de la boutique Sodigaz

pendant plusieurs semaines, je passe régulièrement devant cette boutique à pied. C’est le matin, l’heure diffère légèrement à chaque fois. je vous présente 4 états de la boutique :

 

les nouvelles sculptures

De retour du Burkina où j’ai travaillé dans’ l’Atelier des Arts du Feu’ à Bobo Dioulasso, je vous présente mes derniers travaux. C’est mon quatrième stage cet atelier. L’accompagnement y est toujours aussi professionnel et attentif.

Les réalisations de cette fois-ci ont été placées sous le signe de la rencontre entre les matières : j’ai utilisé des matériaux existants – carton, écorce, corne …qui ont nécessité pour certains de faire des moules puis des tirages en cire. La fonte  a mobilisé toutes les énergies et toutes les compétences. Une autre série de sculptures a demandé de travailler le bronze et le fer en association après la fonte , en élaborant la sculpture pas à pas à mesure que son assemblage avançait. Les socles ont été réalisés en métal toujours avec le concours de la belle équipe qui a trouvé les plaques de tôle, et les artisans pour réaliser les socles. Pour quelques sculptures, il a fallu réfléchir à une manière de fixer la sculpture au socle, et c’est l’ensemble de nos réflexions qui a permis de trouver la solution….une sélection des sculptures :

 

Flâner à Nevers

De Nevers je n’avais comme référence que le film Hiroshima mon Amour. J’ai découvert une ville endormie sur la Loire; glorieux passé d’industrie de la faïence, qui en a fait les beaux jours plusieurs siècles : assez pour avoir de magnifiques édifices publics et hôtels particuliers. L’église des Bénédictins est désaffectée, habitée surtout par des pigeons. Une cage a été déposée où ils peuvent entrer et non sortir – avec de l’eau et du grain  ; c’est digne d’une installation d’art contemporain. L’arrivée sur le pont est splendide, flâner le long de la Loire facile … A côté de l’Impasse de belles lunettes, un fleuriste a verdi façade, voiture…le temps que nous avions pour flâner suffit à donner envie de revenir.

Cimetière à Jonava, Lituanie

 

Des Christ minuscules sur leurs croix de bois ou de métal, pas de pierre tombale mais des tombes végétalisées ou sobres comme des jardins japonais…

Dans ce cimetière, il n’y a que des croix catholiques, dans d’autres que je ne verrai que de loin, il y des croix catholiques et des croix russes orthodoxes à l’ombre des arbres et des fleurs.

Quelques photos du cimetière de Jonava, Lituanie, en juillet 2017

 

foot à Bobo

 

longtemps après… je retravaille les photos argentiques prises à Bobo, et je retrouve celle sur le foot. une petite sélection :

Saint Amand

Une courte étape à Saint-Amand, et voici une publicité sur un mur, à laquelle je ne résiste pas. Et en prime, un oeil de boeuf !

 

 

 

 

la friche

 

Je cherche une boutique que je trouve, mais fermée. Elle m’a valu de passer sur un auto-pont, qui surplombe une friche. En tournicotant un peu, je trouve l’entrée – bien peu protégée. Herbes folles, ciel de plomb et lumières changeantes… quelques images ….