foot à Bobo

 

longtemps après… je retravaille les photos argentiques prises à Bobo, et je retrouve celle sur le foot. une petite sélection :

la friche

 

Je cherche une boutique que je trouve, mais fermée. Elle m’a valu de passer sur un auto-pont, qui surplombe une friche. En tournicotant un peu, je trouve l’entrée – bien peu protégée. Herbes folles, ciel de plomb et lumières changeantes… quelques images ….

 

deux fenêtres à la Charité Sur Loire

 

A l’occasion du festival des mots, balade dans la ville – un peu -tôt le matin. je reviens avec une moisson d’images, voici la sélection : deux fenêtres, et un peu de mousses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le portrait à la craie

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un portrait à la craie sur un panneau de bois posé là le temps de travaux.

Paris 15

une balade du côté de Tronçais

Difficile de résister au pelage des bovillons, aux créations du voisin qui aime les billes, et à aux couleurs somptueuses des hêtres et des charmes à l’automne

 

Flanerie sur le canal de l’Ourcq

 

le long du canal. une banlieue en mutation, en construction. des lieux aussi d’une grande tristesse où la vitalité s’inscrit à la marge, dans les interstices. l’inattendu d’un parc tout près d’une station de Rer. des riverains qui profitent du canal pour pêcher, courir, pédaler, se promener, en couple, en famille, entre amis : des tableaux loin des images de Seine Saint Denis véhiculées par les médias.

 

et une nouvelle photo dans la série ‘vide et vie’ : http://www.ce-artiste.fr/category/series-de-photos/vide-et-vie/

 

 

la fin du séjour à Ouagadougou

Bonjour Chacune, Chacun,

Derniers jours au Burkina. Je dis au revoir à l’atelier, aux fondeurs. Départ pour Ouagadougou, où j’arrive pour la fin du Fespaco.

La cérémonie de clôture a lieu à Ouaga 2000, quartier récent pour gens riches. Le taxi est cher, cela découragera certainement une partie du public. Contrôles bienveillants, nettoyage de mains contre EBOLA, nous arrivons 1 heure avant le début de la cérémonie. Le stade se remplit lentement. Carré des journalistes en bas, carrés des personnalités, des jurys, des réalisateurs et acteurs….Nous sommes en haut des gradins.

Le chef du gouvernement est présent, le chef de la transition, le ministre de la culture…

Avec tous ces beaux messieurs et quelques dames, bien sur il y a un peu de protocole à respecter. La cérémonie se déroule, plutôt bon enfant, avec une alternance de remise des prix du festival, et des sponsors, remis par toutes sortes de gens : des représentants des sponsors – canal +, …-, d’organisations internationales – Office de la Francophonie, CDAO… -, un représentant de Taïwan, et clou du clou, la récompense suprême remise par le chef de l’état en personne.

C’est parfois un peu brouillon : plusieurs lauréats sur le plateau en même temps, plusieurs remetteurs de prix qui ne savent pas trop quoi à qui…Noud demandons entre nous : et lui, il a le prix de quoi ? l’affiche ou les décors ?

Trois jurys aux personnalités bien distinctes : un premier qui exprime très nettement son mécontentement sur le nombre de films à visionner et l’hétérogénéité de la sélection et qui argumente chacun de ses choix, un autre qui remercie ses confrères cinéastes, et ceux qui ont permis et soutenu l’existence de ce festival maintenant de renommée internationale, et parle du monde qui change et de la place des femmes, un troisième où chacun à son tour – et pas seulement le président du jury – nommera un lauréat.

La salle réagit vivement quand c’est un metteur en scène burkinabé ou installé au Burkina qui reçoit un prix, ou au  nom de Sankara…

Des traducteurs d’anglais au français et réciproquement.

La dernière remise ce sont pour les 3 films lauréats : étalon de bronze, d’argent, d’or. C’est le chef de l’état en personne qui remet ce dernier prix. Il y a plus de pompe pour son arrivée : d’abord un corps de militaires sabre au clair, tout engalonnés de rouge et or, une poursuite qui suit son déplacement sur le tapis…Je pense à la chanson de Juliette : j’aime les lanciers du Bengahahahaleu et les spahis du Sénégahahahaleu, les uniformes rouge et or : moi, j’ador’ !

Le lauréat est un homme maroco-tunisien, manifestement très ému mais qui en dépit de son émotion fait un discours très applaudi sur les forces sur lesquels les africains peuvent s’appuyer pour aller de l’avant. Quel contraste entre ces quelques mots gorgés d’énergie et tournés vers le futur avec le discours misérable de Sarkozy à Dakar, où il avait réussi à dire que le continent africain n’est pas entré dans l’histoire !

Le discours de fin annonce les dates du festival prévu dans deux ans, insiste sur les montants remis aux cinéastes, et on comprend bien comment ces moyens supplémentaires seront utiles en plus de la carte de visite que représente le fait  d’avoir été sélectionné ou d’avoir reçu un prix à ce festival.

L’accent est aussi mis sur la volonté du gouvernement burkinabè d’avoir maintenu ce festival malgré un climat difficile dans la sous-région – Ebola, Tombouctou…-, et un automne agité dans le Burkina même. C’est effectivement un beau message de combativité, d’opiniâtreté, d’optimisme que d’avoir gardé le festival dans ce contexte, et ça met un peu de baume au cœur des burkinabès, et particulièrement de ceux dont les activités dépendent du tourisme et qui n’ont pas de clients depuis des mois… – tous ceux avec qui j’ai pu parler, de l’atelier à Bobo à un sculpteur de Ouaga ont en effet souligné leur difficulté, et la fragilité de leur situation.

Enfin, 45 minutes de danse par la compagnie de la chorégraphe Burkinabè la plus en vue, Irène – je n’ai pas bien compris son nom, et je préfère ne pas l’écrire à l’écrire de travers. Compagnie imposante – au moins 40 personnes -, qui a été renforcée pour le Fespaco d’artistes acrobates venant du Ghana, ou de danseurs de côte d’Ivoire. Là encore une énergie impressionnante, qui épate encore plus quand j’apprends les conditions de travail par l’un des danseurs : un mois pour travailler et préparer spectacles d’ouverture et de clôture du festival, travail de 8 à 18 h !

Un chauffeur de taxi blagueur, qui contourne les embouteillages en passant par le bas côté et nous parle des sorciers, engueule les chauffeurs de taxi qui n’ont pas compris que c’est à Ouaga 2000 qu’il ya des clients !

Le Fespaco est « coincé » entre un festival de danse contemporaine et un autre de jazz : à Ouaga il se passe toujours quelque chose ! et les Burkinabé sont connus pour leur appétit pour tout ce qui est artistique..

Des impressions rapides :

une fête d’association avec un groupe de musiciens traditionnels et un marionnettiste. Sous l’auvent, dans la pénombre, le marionnettiste fait naître le mouvement. La magie opère : les enfants fascinés se rapprochent, certains s’enhardissent à toucher les marionnettes …

la fête de la femme, le 8 mars, presque toutes mes femmes ont fait faire un vêtement avec le pagne du 8 mars, chacune avec sa coupe personnalisée, dans les maquis le soir ça boit et ça danse….toute occasion de faire la fête est bonne à saisir !

Retour à Paris ce mercredi !

 

 

 

jouer du ngoni

Bonjour Chacune, Chacun,

J’ai acheté une première série d’instruments de musique au Grand Marché. J’en cherche d’autres – des flûtes en particulier -, et on me recommande de m’adresser à Gouverneur. Ce que je fais, donc. Je le rencontre à la villa où j’habite, et nous parlons un peu musique. Il joue entre autres du n’goni et du djembé, donne des cours, des concerts…

Comme le n’goni est un instrument sacré – tout comme le balafon -, c’est un instrument qui attire les esprits quand on en joue. Ces esprits sont invisibles mais le joueur est conscient de leur présence, en particulier s’il se sent très inspiré. Les esprits qui aiment la musique sont joueurs, curieux et bienveillants – en tout cas, pas malveillants : quand on s’absente, eux aussi veulent s’essayer à jouer. Du coup, on a l’impression que le n’goni se met à jouer tout seul … non, non, ce sont les esprits qui essayent…

Je pense au joueur de balafon du Rer A, à Nation : est-ce les esprits l’accompagnent lui aussi ? si c’est le cas, ça doit lui faire un auditoire plus attentif que nous les voyageurs pressés !

Gouverneur fabrique des maracas avec des calebasses : il y en a de toutes les tailles et toutes les couleurs ! J’en prends 4, de tailles différentes. Chaque calebasse a été percée pour mieux sonner, et a un tressage de cordes et de perles. Ça fait du boucan, dé !

Je rencontre le joueur et le fabricant de flûtes ce matin : Issou Diarra. Flûte traversière en roseau, cauris et cire d’abeille pour la bouche, parfois un habillage de cuir coloré. J’essaye de comprendre un peu le processus de fabrication de la flûte, mais non il ne dira rien ! Elles semblent être accordées suivant notre gamme – flûte en fa#, en do, en si…Les flûtes ne sont pas associées à des cérémonies particulières, et il en joue en concert en groupe.

en tout cas, ne vous méprenez pas : la photo de l’article, ce n’est pas un n’goni !

 

Voilaye pour aujourd’hui !

Amitiés

 

 

les boutiques

Bonjour Chacune, Chacun,

Préféreriez-vous que le conducteur de votre taxi aie appris à conduire à l’auto-école ‘La sagesse’ ou à l’auto-école ‘à la grâce de Dieu’ ?

Que pensez-vous trouver dans un magasin de ‘prêt à porter pour enfants bicyclettes’ ?

Choisiriez-vous la ‘pizzeriat’ qui fait du ‘bon et du très bon shawarma’ ? de toute façon, aucune de ces deux qualités de shawarma n’est disponible, aujourd’hui – comme hier, demain, etc… – : c’est riz-sauce.

Iriez-vous chez le couturier ‘Si j’avais su’ ? Ou siroter une sucrerie au maquis ‘c’est le moment’ ? (une sucrerie c’est une boisson sucrée type Fanta ou Coca, un maquis c’est un café…) ou les maquis ‘au point final’, ‘l’intégration’, ‘Chez tantie’ auraient votre préférence ?

Acheter des cahiers à la librairie ‘ici c’est pas cher’ ? Confier la réalisation de vos fenêtres au soudeur ‘la conscience tranquille’ ? Vous faire couper les cheveux chez le coiffeur ‘Inch Allah’ ?

 

 

 

à Bobo, 1

Bonjour Chacune, Chacun,

Deux thèmes pour aujourd’hui : les grand-mères et les accidents !

Je vais voir la famille d’Ouransa – dite : la grande famille – dans sa cour. La cour est une cour immense, dans le vieux quartier de Bobo. La grande famille, entendons-nous, est la famille au sens très élargi (à peu près 300 personnes dans cette cour !). Quand on rentre, c’est comme un village à soi tout seul : des cases à touche-touche, des ruelles qui les séparent. Chacun a une case, toilettes et douche sont communs – et loin !-. Le papa d’Ouransa, Bouba, a une case (càdire une pièce) pour lui. La maman d’Ouransa (Téné) en a une aussi, en face de celle de sa sœur Sita, à côté de celle de Bamso, une soeur d’Ouransa. Comme je viens saluer, on se retrouve nombreux dehors, un peu empruntés, et commencent les présentations de ceux et celles que je ne connais pas déjà : Djénéba, une fille de Sita, Maman la sœur aînée d’Ouransa, Bébé Ba, une demi-sœur, Soumana, un demi-frère, Vieux Père, un frère, et sa femme, Kadi, une des filles de Maman, Maïdouri une nièce.

J’essaye de m’y retrouver dans les filiations – c’est pas facile, ici on ne nomme pas les relations comme on le fait en France : Bouba a deux femmes, l’une (Téné) a 9 enfants et l’autre en a 8. Ouransa appelle ces deux femmes ‘Maman’, et appelle aussi Sita (pour nous sa tante) Maman. Et hop, 3 mamans pour un seul homme !

Les enfants de Téné sont ses frères ou sœurs (avec la précision même père-même mère), les enfants de l’autre femme de son père sont aussi ses frères et sœurs (pour nous, demi-frère ou demi-sœur ; maintenant comme les familles recomposées sont légion, je ne sais pas si ces termes sont encore beaucoup utilisés !). Quand j’essaye de nommer les liens entre : Ouransa et la fille d’un de ses demi-frères, je cale : une demi-nièce ?

La case de Téné m’impressionne : dans la quinzaine de m², il y a :

  • Dans un coin, une pile de grosses marmites ; comme Téné est une vieille, c’est elle qui garde les grosses marmites pour faire à manger lors des rassemblements familiaux
  • Dans un autre coin, une pile de tabourets en bois pour la même raison que précédemment
  • 1 lit en bois
  • Deux lits de nattes ou matelas fins au sol
  • Des piles de baluchons contre les murs.

C’est vous dire comme la circulation est aisée !

Le lit en bois est le lit de Téné, et les deux autres lits accueillent les petits-enfants,petite-neveux, arrière-petits- enfants…bien rangés en rang à côté les uns des autres. Il y en a déjà un qui dort. Chez Sita, les matelas au sol sont chapeautés de moustiquaires, bien trouées. Là ils sont plus nombreux, déjà 3 qui sommeillent.

C’est vous dire l’intimité dont les grand-mères disposent ! D’ailleurs je me demande si le mot ‘intimité’ existe en Dioula…quand un garçon enceinte une fille, que la maman disparaît : qui s’occupe des enfants : la grand-mère ! quand les mamans travaillent, qui s’occupe des enfants : les grand-mères ! je savais que les grand-mères ont un rôle important, mais là je m’en rends mieux compte !

Chez Bamso, il y a un lit, une armoire, et une petite natte au sol (Bamso a une petite fille) : ça a l’air presque nu après avoir vu les cases des grand-mères !

 

En moto, en allant au grand marché avec Baaba, nous passons un accident : vélo contre moto. C’est tout récent, les conducteurs sont encore sonnés, allongés à côté de leurs véhicules sur le goudron. Beaucoup de monde est déjà arrêté et nous nous arrêtons aussi : je demande pourquoi à Baaba ; ‘il faut voir si c’est quelqu’un qu’on connait’. Compte tenu de ce que je sais de l’hôpital, je comprends. A l’hôpital public, si vous arrivez sans être accompagnés, et qu’il n’y a personne pour payer consultation ou médicaments, personne ne vous prend en charge. Vous pouvez donc agoniser dans l’indifférence totale. Donc si c’est quelqu’un qu’on connait, on peut avertir des proches ou accompagner, et s’assurer de la prise en charge du blessé.

Voilaye, à venir une suite avec des noms de commerces, et l’atelier !