début du récit

 
 
Bonjour

quelques nouvelles : poussière, chaleur (50° au soleil le midi, 40° à l’ombre) : difficile de faire pipi, même en buvant comme des trous ! c’est normalement la saison fraîche, mais il fait le temps de la saison chaude. c’est la saison de repos agricole (l’activité reprendra après les premières pluies attendues fin avril), et donc on refait les maisons, et on fait la fête (ici en pays Lobi – tous à vos atlas ! – càdire à cheval entre Ghana, sud du Burkina et côte d’Ivoire, pour faire la fête on boit du ‘Dolo’ – bière de mil. on trouve du mil germé et séché au marché pour fabriquer la bière). 

Visité aujourd’hui marché de Gaoua et musée ethnographique. 

Sur la route du village des potiers, le matin arrivent plein de jeunes filles avec des monceaux sur la tête : des pots, canaris, brule encens, abreuvoir à poule – très réfléchi : pas trop profond pour qu’un poussin qui y rentre ne s’y noie pas, assez protégé pour que ce soit pas les moutons qui boivent, et à 50° c’est sur il faut les abreuver les poussins !  il y a des animaux – pour le plaisir, que font aussi les enfants. et les enfants avaient plein de sortes d’animaux – des éléphants avec des défenses sur le front, des crocodiles, et d’autres non identifiés -, et un avait fait des hélicoptères. Nous en avons pris 3, un à chaque enfant. Plus tard, je verrai que les oiseaux sont aussi des sifflets.

d’un autre côté arrivent les femmes, des jeunes filles des gamines,  avec du bois, ou du charbon de bois. 
Et tout cela parsemé de personnes sur leur 31 qui vont à la messe – vu ce matin : robe en satin jaune, socquettes blanches et bonnet de bain. d’où il vient celui là, aucune idée ! les missionnaires ont bien bossé, environ 30% des lobis se sont convertis au chistianisme. Les musulmans du cru sont d’autres ethnies qui se sont installés plus ou moins récemment-  . je suis allée à la messe – en français. Eglise pleine, une femme qui allaite. piqure de rappel des dernières recommandations du pape : ne pas oublier de se reposer – mais après avoir bien travaillé, ne pas succomber à la vanité… je suis partie après.

Les Lobis sont agriculteurs, éléveurs et animistes. donc on élève des poules, et des moutons e chèvres pour les sacrifices, les boeufs sont en perte de vitesse : les dots, autrefois payés en boeufs sont limitées à 3 boeufs, et les grands sacrifices sont rares. Comme les enfants vont plus à l’école, il n’y a plus personne pour emmener les boeufs au marigot (parfois à plusieurs km). Plus de boeufs, donc !
Les femmes étaient excisées, mais maintenant il y a des campagnes pour limiter l’excision – plein de panneaux au bord des routes pour expliquer que non, ça se fait pas. la loi punit de prison les exciseuses – les parents, je sais pas -. ça régresse, mais doucement semble-t-il.

des initiations organisées tous les 7 ans pour les garçons et les filles, organisées par clan. ça rigole pas ! et un seul endroit pour le million 5 de lobis de cette région. au fouet pour que tout ce petit monde se tienne à carreau; la résistance à la douleur reste une valeur sure (avant, on taillait les dents en pointe au silex !) personne dira ce qu’on fait pendant les initiations,  sauf pour gagner des sous – et là on te raconte n’importe quoi –  donc j’en sais pas beaucoup plus, . Il vaut mieux être initié, sinon il y a des cérémonies auxquelles on ne peut pas assister – et c’est humiliant -, et on n’a pas son nom définitif.
 
les féticheurs sont bien sur des personnes très importantes dans la communauté – toutes sortes de fétiches. au musée , il y en a des étonnants : comme ils ont été sculptés après l’arrivée des colonisateurs, ils ont une casquette de militaire. C’est pour se faire pardonner des meurtres commis à la guerre. et ils bossent avec les forgerons – par exemple, ils peuvent pour punir qqn le frapper de la foudre, et il faut ensuite l’intervention d’un forgeron sur la personne foudroyée ensuite. ils sont aussi guérisseurs – au marché ce matin, un jeune  homme, avec une calotte kaki élimée, constellée de cauris est accroupi devant une calebasse pleine de petits sachets : des médicaments traditionnels à 5 francs (650 francs= 1 euro), et il faut donner exactement 5 francs ! pas pu en acheter parce qu’on avait pas de pièce assez petite.. (et il faut pas croire qu’on pouvait en acheter 20 pour 100 francs, si on achète 20 il faut payer 20 fois avec 5 francs !).
 
Bon, voilà j’arrive à la fin de mon heure d’internet, je vous fais des bises…
 
au programme demain : visite du village de vanniers, et de féticheurs…
 
Cécile