et Hong Kong, de nouveau…

Bonjour Chacune, Chacun,

je vous écris de France, et donc avec un clavier plus adapté… retour des cédilles, des accents….

Pour aller de Shenzen à Hong Kong, il y a une frontière terrestre, avec comme il se doit, contrôle à la sortie de la Chine et à l’entrée de Hong Kong. Je suis impressionnée par la foule : 30 comptoirs de contrôle des documents ouverts ! et la queue à chacun de ces comptoirs ! à Hong Kong, les amis qui me reçoivent indiquent que c’est samedi, les gens viennent faire leur shopping à Hong Kong. En effet, même s’il y a des magasins de produits de luxe en Chine, on n’est jamais à l’abri d’une contrefaçon. Donc, pour la sécurité, direction Hong Kong, ne serait-ce que pour la journée.

Il y a trois niveaux de qualité de contrefaçon : Super A, A et B. A l’oeil non averti, super A est indétectable. Même des grands magasins de marques peuvent vendre des contrefaçons, pour peu que le personnel y voie un profit suffisamment substantiel pour contrebalancer le risque d’être découvert.

En la RPC et Hong Kong, il y a une rivière, et un no man’s land habité – ce qui est contradictoire, je vous l’accorde-. Quelques villages pour lesquels il n’a pas été trouvé d’accord de rattachement territorial. Ce gens, sans vrai statut, sont dans une prison en plein air : ils ne disposent de documents pour voyager ni de la RPC, ni de Hong Kong.

Dans la partie de RPC la plus riche, la côte, maintenant les marques sont suffisamment connues pour qu’une grossière contrefaçon – en changeant une lettre dans la marque par exemple – ne soit plus vendable. Ces copies refluent donc vers l’intérieur du pays, où la différence entre Armani et Armanni n’est pas perçue encore.

Arrivée chez mes amis, les yeux dans les talons et l’estomac à l’envers – je crois que le petit déjeuner ne passe pas bien. Après avoir offert mes petits cadeaux – une boisson au gingembre, du café, un tissage tout cela venant du Laos, je fais une sieste bien méritée, et nous partons en soirée faire le tour du Victoria Peak. C’est un sommet de Hong Kong, lieu de promade apprécié. J’y étais venue il y a 15 ans, un chemin de terre bucolique ceignait le sommet. Le chemin existe toujours, mais il a été macadamisé, et agrémenté à l’arrivée du téléphérique par un immense mall comme il se doit. Donc, bien sur, ça rutile, ça brille, ça jette ses feux.

Nous faisons le tour du peak à un rythme compatible avec l’état de mon estomac et de ma fatigue. C’est entre chien et loup, et les vues sur la baie de Hong Kong qui s’illumine se découvrent entre les arbres au fil de la promenade. Deux hautes tours sont les sentinelles  de part et d’autre de la baie : la tour du commerce, et la tour de la finance. Elles ont été érigées à l’endroit le plus étroit de la baie, où,  il y a dans le flux marin quelque chose qui renforce la capacité à s’enrichir – eau étant pour les chinois associée à argent -. Il faut bien faire sens de tout, et les chinois excellent à ce jeu. Auparavant, du temps des Anglais, seules quelques maisons étaient autorisées sur le Peak, celles de  ceux qui détenaient le pouvoir.

Mes amis m’invitent à dîner dans un des restaurants du mall, d’où la vue sur la baie est somptueuse, et la cuisine à la hauteur de la vue.  Dommage que mon estomac fasse son épuisé, tout est succulent : asperges blanches au foie gras et à la truffe, bar tandoori, curry de poulet, salade aux crevettes, glace Mövenpick…J’essaye de négocier entre la fatigue, et faire honneur à cette belle invitation…mais la fatigue vainc, et je m’écroule pour 12 heures de sommeil dès que nous rentrons.

Le lendemain, j’ai expliqué que je souhaite voir les prix des appareils photo : Norman m’accompagne dans un magasin de type Darty, où il a ses habitudes. J’ai au préalable regardé sur l’internet français les prix de quelques appareils – je souhaite rester fidèle à canon powershot, donc je comprends à peu près comment ça marche, et qui reste dans des prix abordables. J’achèterai pour 300 euros un appareil qui m’en aurait coûté 400 en France, et cela me permet de refaire quelques photos avant de partir ! Puis, direction musée de Hong Kong. La stratégie du musée c’est l’anti Louvre – peu de pièces, chacuned etoute beauté, très bien mises en valeur… ce sont les arts traditionnels chinois – peinture, calligraphie porcelaines surtout, et bizarrement, quelques sculptures contemporaines. Un collectionneur de calligraphie explique que pour lui, la personnalité du peintre et son intégrité sont aussi importants que la qualité intrinsèque de la calligraphie. Cela me fait penser à nos débats récents autour de Céline.

Un beau soleil me brûle les yeux.

Le lendemain, avant dernier jour de mon séjour, le temps est encore au beau. Je choisis de passer la journée sur une île. Son nom : Peng Chau. 50 minutes de ferry, une île sans voiture. Là, pour la première fois depuis le début du séjour, je m’adonnerai à un de mes vices favoris : visiter un cimetière. L’île est petite, et les tombes font face à la mer. Ce qui me surprend, c’est la quantité d’espace occupé : j’ai l’impression que c’est environ 10 % de l’île qui est occupée de cette manière ! des temples colorés, des préparations aux concours international de danses de dragons qui va se dérouler dans quelques semaines, des cochons de lait laqués à offrir aux ancètres…Dans un des temples, la nature des offrandes contraste avec l’habitude : grande bouteille de Rémy Martin, de cognac Henessy, statuettes en or…pourtant, il ne paye pas plus de mine que les autres, avec ses balais à côté des autels, ne semble pas plus fréquenté non plus, ni plus surveillé….

Retour au bercail avec un très décoratif coup de soleil, et Norman s’empresse de me proposer une lotion après soleil apaisante.

Je reste le lendemain chez Judith et Norman, demain sera une longue journée… D’après Judith, je suis la seule personne étrangère au foyer dont le chat accepte – et même semble apprécier les caresses.

Voilà, l’inexorable horloge est intraitable sur ce point : il faut rentrer. Judith et Norman me rendent un dernier service : voyant mon sac à main qui ne ferme pas, ils m’en donnent au moment du départ un autre d’un beau jaune et surtout équipé d’une fermeture éclair.

Bus, sécurité, check in, out, transfert, émigration, immigration, conversation avec la voisine qui vient du bangladesh, petit déjeuner suivi d’un petit dejeuner, bus – combien de tickets s’il vous plait madame, pour Montreuil ?-. Je retrouve une vraie conductrice parisienne, bougonne mais qui rend quand même le service demandé.

Bonne arrivée à moi !

Amitiés