Abstraits Urbains

Quand je me promène dans un environnement urbain, ce que je vois d’abord, ce sont des lignes, des textures, des volumes. Comme des tableaux d’art abstrait. Ces photos ont été prises à Paris, Montreuil, les Sables d’Olonne, Budapest, Newcastle upon Tyne, Guarda, Hong Kong….

 

Guarda – mai 2011

La géométrie du désespoir

Flânerie dans Guarda

Quelques jours dans une ville du nord du Portugal : Guarda….

les messes de célébration des décès, après 7 jours, un mois, six mois….dommage qu’on ne fasse pas ça pour les mariages aussi ! Et les images de la vierge sur la façade de la maison qui abrite la branche locale du PC…

des lieux de désolation : le marché, les maisons de la vieille ville à l’abandon, un café dont le patron essaye d’échapper aux propos d’un vieux pilier aviné…

le cimetière en face de l’hôpital, à côté de la prison – bizarrement, en face de la porte de prison, des poubelles pour le tri sélectif des déchets

Des impressions en vrac….

L’avenue de la Liberté, grande artère désertée  par les flâneurs le jour où je l’ai arpentée, une succession d’agences – de sièges ? – de grandes banques… des ruelles adjacentes d’où il semble que les habitants ont été chassés, des demeures modestes aux ouvertures bouchées à grands renforts de parpaings…

Dans les quartiers encore populaires, des pâtés ripolinés et rutilants côtoient des façades décrépites…de grandes bannières ornées de symboles municipaux annoncent des rénovations…. On semble voir la spéculation immobilière à l’œuvre – dans un quartier, une grande superficie de maisons se décomposant – depuis combien de temps, aucune idée ! – un panneau qui indique l’ouverture d’un espace de luxe, spas, appartements…  autour, des maisons d’un étage avec le linge qui sèche aux fenêtres.

Des musées d’art contemporains  aux collections riches, qui font rêver réfléchir voyager, dont l’entrée est gratuite (mais si vous ne rêvez pas !); ai donc pu visiter une très belle exposition dont le thème est les cartes, il y a de tout : du poétique au politique, de l’intime à l’universel, de l’inventé du détourné du dilacéré, de la nostalgie et de la prospective…

Des centres commerciaux qui ressemblent à ceux qu’on trouve partout ailleurs en Europe : les mêmes enseignes, les mêmes produits ou presque, les mêmes allées de granite brillant dômes de verre fontaines colonnes vigiles acoustique éclairage odeurs dans les magasins les allées les toilettes

Une incursion dans l’univers des fans de Foot : le stade de Benfica. Eh bien vous y trouverez le magasin de l’équipe avec Tout Pour Les Supporters : à côté des inévitables indémodables inoxydables maillots, écharpes, casquettes, ballons dûment estampillés aux couleurs du club, des objets sans surprise  – porte clefs, mugs, alcools divers – et d’autres auxquels je n’aurais pas songé : strings, charentaises…Une ambiance d’avant match : deux heures avant l’ouverture, des groupes souvent exclusivement masculins et reconnaissables à leurs écharpes arrivent avec leur stock de bouteilles, bière remplissant une noria toujours renouvellée de gobelets en plastique fournie contre espèces bien sur par les bars du stade…Le lendemain, la télévision montrera des images de policiers intervenant dans le stade pour maintenir séparés deux groupes de supporters prêts à en découdre….

De magnifiques stations de métro, des partis pris d’artistes pour celles qui ont eu l’heur d’être ainsi investies. Un univers s’y dévoile à chaque fois, l’art des azuleros y est vivant… Les plantes et animaux à l’honneur à la station jardin botanique, ailleurs le lapin d’Alice, les découvertes maritimes,…

Bien sur, un tour pour finir au cimetière…ici, c’est comme à la maison : rideaux aux fenêtres, tapis et fleurs, cercueils recouverts de jetés crochetés…des caveaux portant des noms essentiellement portugais, quelques noms français.

fil, ficelle, clous et al

Ce sont des matériaux faciles à trouver, bon marché, universels ou quasi, qu’on n’irait pas chercher dans des magasins pour ‘artistes’, sans être pour autant des matériaux de récupération,

  •  Ce sont des matériaux faciles à trouver, bon marché, universels ou quasi, qu’on n’irait pas chercher dans des magasins pour ‘artistes’, sans être pour autant des matériaux de récupération,
  • C’est un hommage à ma grand-mère maternelle, qui cousait des vêtements pour toute la famille,
  • C’est une métaphore du ‘léger’ qui tient le ‘lourd’… de ‘L’insoutenable légèreté de l’être ‘ titre donné par Kundera à l’un de ses romans – ou par le traducteur, l’éditeur ? je ne sais plus si le roman a été directement écrit en français…la magie d’internet remédierait certainement à cette lacune… – à ‘L’indispensable légèreté de l’être‘
  • C’est à la fois abstrait – possible, mais pas immédiat d’y projeter des images – et très concret…

Obscurité

J’aime quand on distingue à peine ce que l’on voit….qu’on devine un visage, un contour, un lieu… quand on est déconcerté par les ombres….que l’image en devient abstraite….