foot à Bobo

 

longtemps après… je retravaille les photos argentiques prises à Bobo, et je retrouve celle sur le foot. une petite sélection :

Abstraits Urbains

Quand je me promène dans un environnement urbain, ce que je vois d’abord, ce sont des lignes, des textures, des volumes. Comme des tableaux d’art abstrait. Ces photos ont été prises à Paris, Montreuil, les Sables d’Olonne, Budapest, Newcastle upon Tyne, Guarda, Hong Kong….

 

4 mars 2010

renseignements pris, le baptême tel qu’il est pratiqué ici est le
moment où l’on donne un nom à l’enfant. Le choix du nom est soit discuté
entre les parents, soit laissé à l’initiative de l’imam.

déroulement de la journée : matin, vers 8 heure, les hommes invités se
présentent; cérémonie avec l’imam où l’enfant est baptisé.

Ensuite, les femmes entrent dans la danse : cuisine, puis danses. Ce
jour là, il y avait un orchestre (balafons, djembés, guitare…). Les femmes dansent en ligne, comme dans le bal poussière à Ouhabou.

Il y avait du beau boubou et de la fesse (de voir tous ces fessiers onduler devant mon nez, ça donnait envie de toucher !). Des hommes présents aussi, mais assis à la périphérie et ils ne dansent pas. J’ai pris des vidéos, j’espère que cela vous donnera une idée de l’ambiance.

C’était un baptême musulman, mais plutôt cool : bière et vin de palme si on voulait !

Le lendemain Martine et moi avons concocté un diner français (coq mariné et tarte à la banane…) auquel Noufou avait invité des amis : ils n’ont pas tous franchement apprécié ! enfin, c’était un essai….

Fin du stage à Bobo et adieux aux personnes de l’atelier : un petit pot avec boissons fraîches et beignets de banane plantain…

Le lendemain : balade aux alentours avec Omar, le frère de Noufou…. une cascade ! et de quoi se baigner ! dans la chaleur étouffante… (+ de 40 °) nous avons apprécié…

Je commence à percevoir les tensions qui existent entre les différentes ethnies : Bobo est Dioula et Bobo, Ouaga est Moré, de l’ethnie du président de la république Burkinabé…Et il semble que ce soit risqué d’y critiquer les Mossi (si j’en crois la conversation entre deux clients du café Internet d’où je vous écris…).. et les Bobolais se sentent spoliés : pour tous les gros travaux de bâtiment (50 km de goudron offerts par la France à réaliser à Bobo), ce sont des entreprises de Ouaga qui viennent, et qui laissent les miettes aux entreprises locales…

Aujourd’hui, départ pour une balade de deux jours au sud de Ouaga… je vous laisse donc, mail plus long à venir probablement dimanche ou lundi…

26 février 2010

Ce matin, petit voyage dans les instruments de musique et leurs fonctions….un tout petit musée, avec un gardien qui fait une visite guidée….

évidemment, à ethnies différentes règles différentes….

d’abord, trois niveaux de communications possibles : à l’intérieur d’un village, entre villages, avec l’au-delà. Pour chaque niveau, des instruments différents.

d’abord, les instruments pour le déroulement de la vie tout court : ensembles de balafons et de tambours pour rythmer naissances, initiations, mariages, funérailles. Selon les cas, ce seront les mêmes instruments qui serviront pour tous types de cérémonies, ou un ensemble d’instrument pour un type de cérémonie (les balafons pour les naissances ne sont pas ceux des funérailles). Pour construire un instrument, on consulte les esprits qui indiquent comment construire l’instrument (peau de chèvre, de biche, d’âne ? quel sorte de bois ? ), quels sacrifices réaliser, et l’usage de l’instrument.

Il y a aussi des instruments pour les bonnes récoltes, pour la fertilité des femmes, pour une chasse réussie. Et bien sur, pour s’attirer les faveurs des esprits.

islam et animisme ont l’air bien souvent de cohabiter : pour témoin, une tunique de chasseur recouverte de petits sacs en cuir assurant la protection en brousse : les sacs peuvent contenir des amulettes (parties d’animaux; ça se trouve facilement en ville; il y a des étals peins de crânes, de hérissons et de caméléons séchés, de fourrures diverses), ou des versets du coran …

Pour les rois (décès, intronisation d’un nouveau roi), ce sont des instruments spécifiques.

Et des instruments pour informer d’attaques et appeler à l’aide ….

donc on frappe (balafons, tambours), on frotte (instruments à corde et à archet, chez les peuls par exemple), on souffle (sifflets, cornes…), on pince (n’gonis des griots).

Demain, je suis invitée à un baptême (je n’ai pas bien compris à quoi ça correspond : c’est dans une famille musulmane, c’est pour un enfant, mais ce n’est pas la circoncision…).

Et cet après-midi, au programme, travailler sur les sculptures déjà fondues….

24 février 2010

Bonjour Chacune, Chacun,

Noufou, la personne qui m’accueille et organise le stage ici, a créé une association burkinabé dans le village dont il est originaire pour la scolarisation des enfants. cette association travaille avec une association en France, basée près de Nantes. Depuis 6 ans, l’association a permis la scolarisation de 30 enfants qui sinon ne seraient pas allés à l’école. La sélection des enfants a été effectuée par l’association burkinabé, et cela ne s’est pas fait sans frictions. Ils organisent une course de vélos annuelle, dont le premier prix est un vélo neuf (une course hommes, une course femmes). Un vélo coûte environ 30 000 francs cfa, soit environ 45 euros ce qui pour la plupart des villageois de ce village représente une grosse somme (un mouton et demi). La scolarisation d’un enfant en primaire coûte environ 30 euros par an à l’association, et ce sont les adhérents français qui mettent la main à la poche. Cette année, pour la première fois, ils ont organisé un carnaval : masques faits à partir d’assiettes en papier et chapeaux de papier agrafé, bal poussière le soir (balafon et djembé), soirée conte. La plupart des artistes qui ont participé aux soirées étaient bénévoles (il y avait un merveilleux joueur d’un instrument dont je ne connais pas le nom, qui s’apparente à la kora). le carnaval a été très réussi, et il semble qu’enfants et adultes y aient pris beaucoup de plaisir. Martine Confiture et Cécile Bigoudi ont participé modestement avec leur nez rouge.

Noufou nous avait invités ainsi que d’autres stagiaires à passer les trois jours au village; comme autres français, il y avait un groupe de d’jeuns qui avait monté avec des écoliers une pièce de théâtre, et les représentants de l’association française.

Toubabou, toubabou : ça veut dire ‘le blanc’ en Dioula, et je l’ai beaucoup entendu pendant mon séjour !

Pour l’eau, il faut aller la chercher à la pompe, et Noufou nous a dit qu’une barrique en métal représentait une vraie richesse. La famille qui vit dans la cour puise au fil de la journée l’eau dont elle a besoin. La plupart des enfants sont en guenilles, et ceux qui connaissent ce problème m’ont dit que nombre d’entre eux sont asmatiques (il me semble qu’il manque un ‘h’, mais je ne sais pas trop où le mettre). Malnutrition bien sur (peu de protéines, peu de vitamines). Bouillie de petit mil au petit déjeuner (avec du sucre; c’est un peu acidulé, j’aime bien mais tout le monde ne partage pas ce goût). pour nous, c’était cuisine de luxe (un peu de viande, quand même, un peu de salade… quelques oranges…). Les femmes bossent du matin au soir (dès 5h30, les feux sont allumés, il faut piler le mil – ce qui semble être très gourmand en temps, et fait des bras et un dos très musclés – , faire les lessives à la main, pomper l’eau, faire la cuisine…). Les hommes adultes pour la plupart ne semblent pas très occupés – celui de la cour où je dormais était dans son fauteuil du matin au soir…- Les aînés décident, les plus jeunes éxécutent. Ce n’est pas la saison des travaux au champs, je ne sais pas si les hommes sont plus actifs à ce moment là. Cultures vivrières : mil, maïs, mangues. Cultures commerciales : coton. Il y a des animaux, poules pintades canards, et chèvres – elles bouffent tout, j’en ai vu une avec une étiquette de thé lipton au coin du bec !- moutons zébus. Ce qui m’a surprise, c’est la présence de cochons, mais c’est un village où il y a des chrétiens. Plusieurs mosquées et plusieurs églises. Plusieurs ethnies cohabitent dans ce village, peuls, gourmantchés, dafis… ils sont organisés par quartiers. Les jeunes gens jouent au foot – chaque quartier son équipe – , et le samedi organisent des tournois. J’ai vu de loin un match, c’est à dire des silhouettes qui s’agitaient dans un nuage de poussière…

Je me relis, et je me rends compte que dans les animaux j’ai oublié les ânes… eux, comme animaux de trait. On les trouve bien entendu aussi en ville.

Houndé, Koumbia, Bodialedaga,Wolsama, Koro : les noms des villages s’égrennent sur le chemin du retour à Bobo. Dans le 4×4, nous sommes 4 humains, un mouton, et sur la galerie une pintade et un coq. L’harmattan soufflait, et nous avions le choix entre pas d’air dans la voiture, ou un air poussiéreux, chaud et sec. La pintade et le coq ont déjoué nos pronostics, et sont arrivés en vie a bobo.

Pendant ce temps, à l’atelier cela n’avait pas chômé : le fonte a eu lieu jeudi dernier, et toutes les sculptures étaient dégagées de leur gangue d’argile. Il y a encore beaucoup de travail dessus, supprimer toutes les coulures, limer, retirer les tiges de coulée, et patiner. J’ai fait deux masques et un poisson. Il y a une pomme boîte que j’ai préparée, mais le moule n’est pas encore fait et ce sera pour la prochaine fonte (jeudi ou vendredi si j’ai bien compris).
La fonte, c’est très impressionnant : ils ont une dizaine à manipuler le métal en fusion. Seulement deux d’entre eux avaient des chaussures de sureté, les autres étaient en tongs.

Voilà, suite au prochain numéro, 


17 février 2010

Bonjour Chacune, Chacun, 
 
Pour ceux qui n'ont pas tout suivi : par l'intermédiaire d'une amie clown, j'ai rencontré un burkinabé fondeur de bronzes d'art, et également sculpteur…j'ai fait un stage avec lui en juillet, et comme j'ai trouvé d'une part qu'il est une belle personne, généreuse de ses connaissances, et que j'ai pris énormément de plaisir à réaliser des sculptures, j'ai décidé de me lancer dans l'aventure burkinabé qu'il propose, à savoir un stage de créations de sculptures sur bronze dans la ville de Dobo Dioulasso, où il a un atelier, avec des personnes qui y travaillent. M'y voici donc depuis une semaine. J'ai fait quelques réalisations en cire, et les personnes de l'atelier m'entourent et me conseillent sur la technique de réalisation. Ces deux derniers jours, nous avons fait les moulages en banco (mélange d'argile et de toile de jute). Je pense que les moules seront cuits et fondus demain, ou en début de semaine prochaine. A l'atelier, il y a d'autres stagiaires que moi. Les experts qui nous encadrent sont Rodrigue (en ce qui me concerne), Baba, Mossé. Dans l'atelier, il y a aussi Tidiane, Kossi, Kassoum. Je travaille sous un auvent tressé, et malgré la chaleur et la poussière, ça va bien. Les jours s'écoulent donc tranquillement, à un rythme apaisant. Je me laisse prendre en charge (ce qui est plutôt nouveau pour moi), je n'ai pratiquement rien à décider sauf la forme de mes sculptures. Noufou m'héberge dans une maison, où il y a également un couple de français venus l'aider à réaliser son nouveau four (il est en train de construire un nouvel atelier). Une amie, Martine, arrive samedi. 
 
Pour les photos, j'ai compris pourquoi je ne peux pas décharger : il faut le logiciel de l'appareil photo sur l'ordi… j'ai changé d'appareil entre le voyage en Chine et maintenant, et je n'avais pas eu ce pb en Chine. Donc, probablement, les photos, ce sera au retour. 
Par ailleurs, Noufou est originaire d'un village situé entre Bobo et Ouaga, où il a créé une association (mais je ne lui ai pas encore demandé le but de l'asso en question). Il y travaille avec des cousins à lui. Ce week-end, c'est la fête au village… nous irons donc y passer quelques jours . Village sans électricité, ni téléphone… vous n'aurez donc pas d'autres nouvelles avant le début de la semaine prochaine. 
 
Quelques proverbes locaux : 
 
'on ne peut pas courir en se grattant les fesses', c'est à dire on ne peut pas faire deux choses à la fois; 
'même si tu fais pipi loin devant toi, la dernière goutte tombera toujours entre tes pieds' : (surtout pour les enfants) si tu fais des bêtises, et que tu les caches, ça finira bien par se savoir… 
 
Ici, on souhaite bon appétit à son voisin de table au restaurant quand son plat arrive, même si on ne le connaît pas, pour les choses qui vous tiennent à cœur on fait dire merci par personne interposée, quand quelqu'un veut partir, il dit 'je demande la route', ce qui ne veut pas dire qu'il souhaite qu'on lui explique le chemin du retour…il faut alors s'empresser de lui reproposer de la boisson pour vérifier qu'il veut vraiment partir, et que ce n'est pas un moyen de vérifier qu'il est gêneur…quand des amis sont à la maison à l'heure du dîner, on les inclut systématiquement dans le repas sans demander, car si on demande, la personne comprend qu'elle est de trop (pas assez à manger pour tout le monde ?) et déclinera. 



14 février 2010 – Z’arrive

Voilà, voilà z’arrivvvvveeeeeeeeeeeeeeeeee……………….

Bonjour chacune, bonjour chacun,

Bonjour les petits loups, les grands loups, les moyens loups, les loups à courtes pattes ou grandes canines, les loups à oreilles touffues, les loups à la queue en panache, et aussi à ceux qui ne se retrouvent pas dans cette liste…

Voilà, déjà : pour ceux qui savaient pas déjà, je suis bien arrivée. J’avais pris le billet le moins cher que j’avais trouvé, par la compagnie Afriqiyah, qui est la compagnie lybienne. Escale donc à Tripoli… Plein d’hommes qui glandouillent dans la salle d’attente, ne semblent pas être des passagers. Arrivée au Burkina, on me dira que c’est la police (secrète ?). Dans la salle d’attente, néanmoins, un grand écran diffuse CNN. Ambiance globalement très masculine….Une femme arrivée non voilée se voile pour la destination suivante (le tchad ?). A l’heure de la prière, dans la salle d’embarquement, discussions autour de la bonne direction pour le tapis de prière, puis ablutions et prières… Beaucoup de burkinabés en provenance de Dubaï. En discutant avec l’un d’eux, j’apprends qu’il fait du ‘business’ (comprenez commerce) entre le Burkina, et la Chine et Dubaï. A l’arrivée, en attendant les bagages il me donne sa carte : DG Mouniah Bachirou. DG pour Directeur Général. Commerce en informatique et fournitures scolaires.

Organisation un peu chaotique à l’arrivée à Ouagadougou : l’aéroport est en train d’être réaménagé. Petite frayeur : la personne prévue pour  m’accueillir sera-t-elle bien au rendez-vous ? (en effet, je n’ai même pas un guide de voyage avec moi, et je n’aurai aucune idée de où dormir, et il est déjà 23h…)…. Oui, ouf, et je la connais : il s’agit d’un ami de Noufou, (Noufou est la personne qui organise le stage), et que j’ai rencontré à Montreuil : Issa. Dans une R5 hors d’âge, il m’emmène à ‘l’hôtel des 1200 logements’ où une chambre m’a été réservée. Pour atteindre l’hôtel, il faut quitter le goudron et rouler qqs centaines de mètres sur une piste. Je ne verrai pas grand chose de Ouagadougou, juste des alentours de l’hôtel en me baladant un peu le lendemain matin. Le soir, je sors de chambre : concert lointain de chiens, et de la musique assez fort : ça danse dans les alentours. Une chambre simple, un ventilateur bienvenu. Je sors pieds nus, et le gardien de l’hôtel très gentiment me prête ses tongs. Une petite balade le lendemain avant d’aller prendre le bus pour Bobo Dioulasso : vu quelques oiseaux de la taille d’un moineau à la queue et la gorge très bleus, pas identifié les arbres qui longent l’allée. Déjà très tôt (8 heures), il fait chaud et très sec. Je cause avec un homme mécanicien un peu plus loin, qui se remet d’un coup de poing dans l’oeil. Quelques chiens (errants ?), les premiers vélos et mobylettes.

Au cours de ma balade matinale, je retrouve Issa parti ma recherche en mobylette. Nous partons en quête de l’achat d’un numéro de téléphone local, sans succès : mon téléphone est bloqué.
il faudra le faire débloquer à Bobo Dioulasso. Je rentre donc en mobylette à l’hôtel, cramponnée à Issa car peu habituée à la piste irrégulière.

Départ en bus à 10h pour Bobo. Un bus confortable et climatisé, mais avec seulement une pause de 10 mn en 4h30 de trajet pour se vider la vessie. Alternance de villages avec des cours dispersées. Les greniers à grain sont en paille très souvent. Arrivée à Bobo, je demanderai s’ils n’ont pas de problèmes avec rats et souris…il ne semble pas (cela mes surprend que les rats burkinabés soient plus discrets que les rats des autres pays, mais bon…). Alternance de savane rase et sèche, d’arbres, des villages avec des ballots de coton, des potagers bien verts. Zébus, moutons, chèvres… Un chien écrasé se fait dévorer par deux vautours gris au cou dépenaillé et rose.

L’état de la route est variable selon les tronçons, du bon goudron aux nids de poule. Peu de circulation.

Vu dans la banlieue de Ouagadougou : des femmes en mobylette avec un saladier de fraises sur la tête.

Les fruits en ce moment : pommes (de hollande, vendues par exemple à l’escale de bus), et comme fruits locaux : ananas, papayes (miam, délicieuses, parfumées et sucrées, elles m’accompagnent presque à tous les repas), oranges, mangues. Il y a aussi des avocats. Ce n’est pas contre pas la saison des goyaves.

Les femmes sont magnifiques, avec des pagnes colorés et ajustés, dénudant parfois une épaule. Il y a aussi quelques femmes bâchées, noires et voilées de la tête aux pieds. L’une de ces femmes soignait néanmoins son look : noire de la tête aux pieds, on ne distinguait même pas ses pieds, gants et chaussettes, mais des tongs fushia. Le résistance se situe-t-elle au niveau des orteils ?

J’ai commencé à travailler à l’atelier : une dizaine de personnes y travaillent de manière plus ou moins continue. Hier c’était le 13 février, fête des Valentins et Valentines. L’un d’eux (Rodrigue) m’a dit que le centre ville est très occupé à acheter et emballer. En plein air, les femmes se faisaient faire des nouvelles tresses. Tout le monde est très occupé à se mettre sur son 31 pour valentiner aujourd’hui.

Hier achat de calebasses : Noufou me confie à un de ses amis, Sumo, et nous partons en mobylette (pas rembourrée celle-là, aïe les fesses) voir une marchande de calebasses. Il y en avait tellement (un hangar plein), j’aurais pu en avoir une syncope. Sélection (j’en choisis au final 36, des grandes des moyennes des plus petites), négociation. Voilà, pour 33000 francs cfa (environ 35 euros), j’ai tout ce stock. Sumo se chargera de les emboîter, les caler, les emballer (avec du papier ciment m’a-t-il dit). En fonction de la taille des paquets, et de ce que je peux prendre en voyage accompagné, elles rentreront soit avec moi, soit par la poste.

Bobo est une ville avec des arbres, mais toute une allée d’arbres centaines vient d’être massacrée pour construire une pénétrante…

Ici, tous les gens qui vous serrez les mains vous disent ‘bonne arrivée’. J’ai commencé à apprendre comment dire bonjour, mais ça dépend de l’heure de la journée, et une fois qu’on a commencé, il y en a tout une chaîne :
– bonjour ?
– comment ça va ?
– Et les parents ?
– et les enfants ?
etc…
Et comme je ne connais que la première réplique… cela ne m’aide pas beaucoup…

Sinon, il y a beaucoup de sons intermédiaires ou peu prononcés : par exemple ‘séimba’ (grands pieds, nom donné à une sculpture à l’atelier) avec un ‘é’ que j’entends à peine ressemble beaucoup à ‘samba’, qui est ‘gros seins’…je vais peut-être attendre un peu avant de me lancer dans l’apprentissage du dioula….(langue parlée à Bobo)

Voilà, je m’arrête là pour aujourd’hui…

pour les photos, j’ai essayé de les décharger de mon appareil, sans succès… Il vous reste à imaginer….

Donc, loups de toutes tailles et de tous poils, je vous quitte ici, vous souhaite un bon valentinage pour ceux qui le fêtent, vous envoie des bises, de la chaleur, des couleurs… 

Cimetières

 
Bien sur, lieu de recueillement, de méditation , mais aussi, miroir de la société qui y enterre ses morts : que lit-on dans un cimetière de la société des personnes qui y sont enterrées ? de ses valeurs, de son aisance ? de la manière dont se côtoient les communautés – de ce qui définit les communautés ? des turbulences traversées ? de la place respective des hommes et des femmes ? qu’est-ce qui ici a en commun à tous les cimetières, qu’est-ce qui rend celui-là si particulier ? ….
 
A Budapest, par exemple, dans le cimetière de la ville, il y a la partie réservée aux soviétiques pour les russes, la partie réservée au socialistes hongrois, et les autres…les femmes mariées, qui jusqu’à il y a quelques années, ne portaient que le nom et prénom de leur mari…
 
A Rome, le cimetière pour les catholiques, le cimetière pour les autres. Dans le cimetière pour les catholiques, on aime le marbre, et il y a nombre de caveaux de famille imposants et récents, aux lignes géométriques épurées. Dans le cimetière pour les autres, une synthèse des communautés aisées qui se sont retrouvées à Rome : russes blancs au début du 20ème siècle, poètes anglais en villégiature.. Où sont enterrés maintenant les non catholiques ? Où étaient enterrés auparavant les non catholiques qui ne pouvaient s’offrir une place dans ce cimetière ?
 
A Montreuil (banlieue parisienne), le carré juif, le carré musulman, le haut du cimetière avec les tombes Rom, les parties dédiées aux soldats des deux guerres, 14-18 et 39-45…les petites tombes avec du gravier, parfois sans même un nom… des enfants morts avant d’en avoir reçu un, de nom ?
 
Les Sables d’Olonne avec ses disparus en mer, la vallée de Chamonix, avec ceux péris en montagne (et parfois venus de loin pour cela !)
 
A Bobo Dioulasso, chrétiens et musulmans se mélangent et de nombreuses tombes sont réduites à un monticule de terre
 
A Cheng Pau, une île de l’archipel de Hong Kong, les offrandes de fleurs, d’aliments pourrissent en regardant la mer . Comme partout, il y a des nombreuses tombes désaffectées.
 
A Berlin, le cimetière juif qui ne comprend plus de tombes car il a été détruit.
 
J’essaye de choisir des photos pour ce qu’elles racontent de ce cimetière, et aussi pour leur valeur photographique.
 
les deux cimetières de Rome :
 
 
 

 

et une sélection élaborée à la suite de la visite de nombreux cimetières