14 février 2010 – Z’arrive

Voilà, voilà z’arrivvvvveeeeeeeeeeeeeeeeee……………….

Bonjour chacune, bonjour chacun,

Bonjour les petits loups, les grands loups, les moyens loups, les loups à courtes pattes ou grandes canines, les loups à oreilles touffues, les loups à la queue en panache, et aussi à ceux qui ne se retrouvent pas dans cette liste…

Voilà, déjà : pour ceux qui savaient pas déjà, je suis bien arrivée. J’avais pris le billet le moins cher que j’avais trouvé, par la compagnie Afriqiyah, qui est la compagnie lybienne. Escale donc à Tripoli… Plein d’hommes qui glandouillent dans la salle d’attente, ne semblent pas être des passagers. Arrivée au Burkina, on me dira que c’est la police (secrète ?). Dans la salle d’attente, néanmoins, un grand écran diffuse CNN. Ambiance globalement très masculine….Une femme arrivée non voilée se voile pour la destination suivante (le tchad ?). A l’heure de la prière, dans la salle d’embarquement, discussions autour de la bonne direction pour le tapis de prière, puis ablutions et prières… Beaucoup de burkinabés en provenance de Dubaï. En discutant avec l’un d’eux, j’apprends qu’il fait du ‘business’ (comprenez commerce) entre le Burkina, et la Chine et Dubaï. A l’arrivée, en attendant les bagages il me donne sa carte : DG Mouniah Bachirou. DG pour Directeur Général. Commerce en informatique et fournitures scolaires.

Organisation un peu chaotique à l’arrivée à Ouagadougou : l’aéroport est en train d’être réaménagé. Petite frayeur : la personne prévue pour  m’accueillir sera-t-elle bien au rendez-vous ? (en effet, je n’ai même pas un guide de voyage avec moi, et je n’aurai aucune idée de où dormir, et il est déjà 23h…)…. Oui, ouf, et je la connais : il s’agit d’un ami de Noufou, (Noufou est la personne qui organise le stage), et que j’ai rencontré à Montreuil : Issa. Dans une R5 hors d’âge, il m’emmène à ‘l’hôtel des 1200 logements’ où une chambre m’a été réservée. Pour atteindre l’hôtel, il faut quitter le goudron et rouler qqs centaines de mètres sur une piste. Je ne verrai pas grand chose de Ouagadougou, juste des alentours de l’hôtel en me baladant un peu le lendemain matin. Le soir, je sors de chambre : concert lointain de chiens, et de la musique assez fort : ça danse dans les alentours. Une chambre simple, un ventilateur bienvenu. Je sors pieds nus, et le gardien de l’hôtel très gentiment me prête ses tongs. Une petite balade le lendemain avant d’aller prendre le bus pour Bobo Dioulasso : vu quelques oiseaux de la taille d’un moineau à la queue et la gorge très bleus, pas identifié les arbres qui longent l’allée. Déjà très tôt (8 heures), il fait chaud et très sec. Je cause avec un homme mécanicien un peu plus loin, qui se remet d’un coup de poing dans l’oeil. Quelques chiens (errants ?), les premiers vélos et mobylettes.

Au cours de ma balade matinale, je retrouve Issa parti ma recherche en mobylette. Nous partons en quête de l’achat d’un numéro de téléphone local, sans succès : mon téléphone est bloqué.
il faudra le faire débloquer à Bobo Dioulasso. Je rentre donc en mobylette à l’hôtel, cramponnée à Issa car peu habituée à la piste irrégulière.

Départ en bus à 10h pour Bobo. Un bus confortable et climatisé, mais avec seulement une pause de 10 mn en 4h30 de trajet pour se vider la vessie. Alternance de villages avec des cours dispersées. Les greniers à grain sont en paille très souvent. Arrivée à Bobo, je demanderai s’ils n’ont pas de problèmes avec rats et souris…il ne semble pas (cela mes surprend que les rats burkinabés soient plus discrets que les rats des autres pays, mais bon…). Alternance de savane rase et sèche, d’arbres, des villages avec des ballots de coton, des potagers bien verts. Zébus, moutons, chèvres… Un chien écrasé se fait dévorer par deux vautours gris au cou dépenaillé et rose.

L’état de la route est variable selon les tronçons, du bon goudron aux nids de poule. Peu de circulation.

Vu dans la banlieue de Ouagadougou : des femmes en mobylette avec un saladier de fraises sur la tête.

Les fruits en ce moment : pommes (de hollande, vendues par exemple à l’escale de bus), et comme fruits locaux : ananas, papayes (miam, délicieuses, parfumées et sucrées, elles m’accompagnent presque à tous les repas), oranges, mangues. Il y a aussi des avocats. Ce n’est pas contre pas la saison des goyaves.

Les femmes sont magnifiques, avec des pagnes colorés et ajustés, dénudant parfois une épaule. Il y a aussi quelques femmes bâchées, noires et voilées de la tête aux pieds. L’une de ces femmes soignait néanmoins son look : noire de la tête aux pieds, on ne distinguait même pas ses pieds, gants et chaussettes, mais des tongs fushia. Le résistance se situe-t-elle au niveau des orteils ?

J’ai commencé à travailler à l’atelier : une dizaine de personnes y travaillent de manière plus ou moins continue. Hier c’était le 13 février, fête des Valentins et Valentines. L’un d’eux (Rodrigue) m’a dit que le centre ville est très occupé à acheter et emballer. En plein air, les femmes se faisaient faire des nouvelles tresses. Tout le monde est très occupé à se mettre sur son 31 pour valentiner aujourd’hui.

Hier achat de calebasses : Noufou me confie à un de ses amis, Sumo, et nous partons en mobylette (pas rembourrée celle-là, aïe les fesses) voir une marchande de calebasses. Il y en avait tellement (un hangar plein), j’aurais pu en avoir une syncope. Sélection (j’en choisis au final 36, des grandes des moyennes des plus petites), négociation. Voilà, pour 33000 francs cfa (environ 35 euros), j’ai tout ce stock. Sumo se chargera de les emboîter, les caler, les emballer (avec du papier ciment m’a-t-il dit). En fonction de la taille des paquets, et de ce que je peux prendre en voyage accompagné, elles rentreront soit avec moi, soit par la poste.

Bobo est une ville avec des arbres, mais toute une allée d’arbres centaines vient d’être massacrée pour construire une pénétrante…

Ici, tous les gens qui vous serrez les mains vous disent ‘bonne arrivée’. J’ai commencé à apprendre comment dire bonjour, mais ça dépend de l’heure de la journée, et une fois qu’on a commencé, il y en a tout une chaîne :
– bonjour ?
– comment ça va ?
– Et les parents ?
– et les enfants ?
etc…
Et comme je ne connais que la première réplique… cela ne m’aide pas beaucoup…

Sinon, il y a beaucoup de sons intermédiaires ou peu prononcés : par exemple ‘séimba’ (grands pieds, nom donné à une sculpture à l’atelier) avec un ‘é’ que j’entends à peine ressemble beaucoup à ‘samba’, qui est ‘gros seins’…je vais peut-être attendre un peu avant de me lancer dans l’apprentissage du dioula….(langue parlée à Bobo)

Voilà, je m’arrête là pour aujourd’hui…

pour les photos, j’ai essayé de les décharger de mon appareil, sans succès… Il vous reste à imaginer….

Donc, loups de toutes tailles et de tous poils, je vous quitte ici, vous souhaite un bon valentinage pour ceux qui le fêtent, vous envoie des bises, de la chaleur, des couleurs… 

Les calebasses

Pour moi une calebasse, c’est :
  • Un produit de la nature qui a déjà été travaillé par une personne que je ne connais pas, qui a pris soin de la sécher, de la creuser, et qui y a imprimé une première marque de sa personnalité : il n’y a qu’à regarder les différentes traces à l’intérieur des calebasses, différentes les unes des autres ; comme un relais dans une chaîne …..de quelle suite de la chaîne serai-je à mon tour le maillon ?
  • Un objet unique (chaque calebasse a sa forme, sa couleur, ses irrégularités, son épaisseur…), et non reproductible,
  • Un objet détourné (les calebasses sont en général des objets utilitaires ou utiles en Afrique : gourdes, boîtes, récipients, base pour instruments de musique…)
  • Un objet dont la rotondité permet de multiples évocations : une cellule, unité élémentaire du vivant, un masque, un ventre de femme enceinte, une planète (la notre ou une autre), un globe oculaire….pour vous peut-être encore d’autres ‘choses’…
  • Un objet qui n’appartient pas à une catégorie bien définie, à cheval entre la toile et la sculpture – ,
  • Enfin, un objet vit (la couleur change avec le temps) ;
Libre à vous de compléter la liste !