Des impressions en vrac….

L’avenue de la Liberté, grande artère désertée  par les flâneurs le jour où je l’ai arpentée, une succession d’agences – de sièges ? – de grandes banques… des ruelles adjacentes d’où il semble que les habitants ont été chassés, des demeures modestes aux ouvertures bouchées à grands renforts de parpaings…

Dans les quartiers encore populaires, des pâtés ripolinés et rutilants côtoient des façades décrépites…de grandes bannières ornées de symboles municipaux annoncent des rénovations…. On semble voir la spéculation immobilière à l’œuvre – dans un quartier, une grande superficie de maisons se décomposant – depuis combien de temps, aucune idée ! – un panneau qui indique l’ouverture d’un espace de luxe, spas, appartements…  autour, des maisons d’un étage avec le linge qui sèche aux fenêtres.

Des musées d’art contemporains  aux collections riches, qui font rêver réfléchir voyager, dont l’entrée est gratuite (mais si vous ne rêvez pas !); ai donc pu visiter une très belle exposition dont le thème est les cartes, il y a de tout : du poétique au politique, de l’intime à l’universel, de l’inventé du détourné du dilacéré, de la nostalgie et de la prospective…

Des centres commerciaux qui ressemblent à ceux qu’on trouve partout ailleurs en Europe : les mêmes enseignes, les mêmes produits ou presque, les mêmes allées de granite brillant dômes de verre fontaines colonnes vigiles acoustique éclairage odeurs dans les magasins les allées les toilettes

Une incursion dans l’univers des fans de Foot : le stade de Benfica. Eh bien vous y trouverez le magasin de l’équipe avec Tout Pour Les Supporters : à côté des inévitables indémodables inoxydables maillots, écharpes, casquettes, ballons dûment estampillés aux couleurs du club, des objets sans surprise  – porte clefs, mugs, alcools divers – et d’autres auxquels je n’aurais pas songé : strings, charentaises…Une ambiance d’avant match : deux heures avant l’ouverture, des groupes souvent exclusivement masculins et reconnaissables à leurs écharpes arrivent avec leur stock de bouteilles, bière remplissant une noria toujours renouvellée de gobelets en plastique fournie contre espèces bien sur par les bars du stade…Le lendemain, la télévision montrera des images de policiers intervenant dans le stade pour maintenir séparés deux groupes de supporters prêts à en découdre….

De magnifiques stations de métro, des partis pris d’artistes pour celles qui ont eu l’heur d’être ainsi investies. Un univers s’y dévoile à chaque fois, l’art des azuleros y est vivant… Les plantes et animaux à l’honneur à la station jardin botanique, ailleurs le lapin d’Alice, les découvertes maritimes,…

Bien sur, un tour pour finir au cimetière…ici, c’est comme à la maison : rideaux aux fenêtres, tapis et fleurs, cercueils recouverts de jetés crochetés…des caveaux portant des noms essentiellement portugais, quelques noms français.

28 juin 2010

une fin !

Bonjour Chacune, bonjour Chacun,

eh ! oui, une fin donc…

un peu compliqué de passer du temps pendant le voyage à organiser les photos à envoyer, à trouver un endroit où écrire au calme….j’avais noté ce que je voulais vous écrire, et puis j’ai égaré le papier…

des visites, donc, de toutes sortes :

sous une pluie battante, la partie ‘Buda’, ville musée ripolinée inscrite au patrimoine mondial de l’unesco…des musées et eglises prestigieux, des restaurants chers… je ne m’y suis pas attardée, le temps ne m’y incitait pas et ma cheville me faisait encore mal…après, direction plus au nord, dans un des seuls endroits de ‘mémoire’ de l’occupation ottomane : la tombe d’un sage mandaté par le pouvoir ottoman pour convaincre les hongrois d’accepter ce pouvoir….un joli mausolée, avec des tapis et des roses, et deux gardiens qui écoutaient à la radio de la musique pop. Plus tard, je ferai une visite organisée où le guide expliquera que les ottomans percevaient toutes sortes d’impôts (sur les fenêtres, sur le nombre de foyers dans la maison, sur la religion…), et que dans les campagnes, ils faisaient des razzias périodiques pour alimenter avec des enfants les marchés aux esclaves de turquie…les campagnes se sont vidées, et les indigènes n’ont pas accepté leur pouvoir !

un voyage organisé d’une journée pour visiter des villes plus au nord… c’est toujours rigolo (à petites doses) un voyage comme ça… visite de la plus grande basilique, d’un chateau qui au temps de sa splendeur avait de magnifiques fontaines, dont une alimentée par du vin, et d’une ville charmante, et émouvante, et reflet un peu de la mosaîque hongroise : communautés juive, serbe…et pour finir, retour en bateau sur le Danube. Allemands, cheveux blancs et vestes beiges, japonais, groupes d’enfants… Le déjeuner était dans un restaurant touristique admirablement situé en haut d’une colline, et l’incontournable groupe de musique tzigane nous a joué des morceaux… russes (Kalinka, Kalinka, Kalinka ma ya…), ou des standards de pop anglo-saxonne….

Le temps revenant au beau, j’en profite pour alimenter une de mes marottes : direction le cimetière….je lui consacre d’ailleurs un album photo entier…

tombes de riches familles, qui retracent l’histoire de l’architecture locale (références à l’antiquité, art nouveau, architecture métallique…)

cimetière très vert, avec beaucoup d’allées d’arbres, beaucoup d’espaces entre les tombes….

les noms des épouses sont le nom du mari suivi de ‘ne’; parfois, leur prénom et nom de jeune fille est indiqué, mais pas systématiquement (j’ai trouvé une julia Sarkozy)

un cimetière où, à de nombreux endroits, les tombes dont semblables : le quartier des obélisques, le quartier des tombes végétales, le quartier des petites pierres tombales (alors qu’il s’agit d’adultes…)

le cimetière soviétique (étoiles rouges et inscriptions en cyrillique), le cimetière des communistes hongrois- séparé de celui des russes – … Lors de la visite du parlement mon guide me dira qu’il y a également un cimetière militaire américain, mais ailleurs… je me demande bien pourquoi : je n’ai pas révisé mon histoire de la guerre 39/45, mais je n’avais pas en mémoire que les alliés étaient allés se battre jusqu’en Hongrie…

il y a des bancs installés à côté de certaines tombes….

beaucoup de gens avec des fleurs dans le cimetière… à un endroit, j’ai compris qu’il s’agit d’un endroit où les cendres sont déposées – mais ai-je bien compris  ?-, un homme dépose un gerbera rouge dans un grand vase commun, et va passer son mouchoir sur deux noms d’une liste inscrits sur une grande pierre rose…

des bougies, aussi (comme à rome, en Crête…)

19 juin 2010

Bonjour Chacune, bonjour Chacun,

partie vendredi midi de Paris pour une semaine á Budapest,,,,

j’y étais allé juste apres la chute du mur, et pas depuis,,,, envie de revoir… 20 ans ont passé depuis, pour Budapest et pour moi,,,, (vous inquiétez pas, je ne vous écrirai que sur Budapest… )

j’ai fait le choix d’y aller en bus (22 heures de voyage), pour plusieurs raisons : quand je me demandais comment y aller, le volcan Islandais crachait, s’arretait, recommencait… je n’ai donc pas voulu prendre le risque avion. Le train, c’est hors de prix, restait le bus,,,

Embarquement á la gare routiere internationale de Gallienni. Le voyage commence déjá lá : il y avait un bus en partance pour Kiev, et une grande jeune femme blonde attendait le départ. Longues jambes musclées, chignon, peu de poitrine : elle avait beaucoup d’une danseuse classique… j’ai donc reve un peu aux ballets de Kiev (c’est sur, y’en a !)

Mon bus passait par Strasboug, Karlsruhe, Munich, Linz, Vienne, Changement á Vienne,

Un bus confortable, on est suppose attacher sa ceinture. Toilettes. Peu de monde encore, j’ai deux places pour moi toute seule.

La beauce sous un ciel chargé, Reims (des vignes au loin, toutes sortes de champagnes dans la boutique Shell de l’autoroute), puis route vers la Lorraine. Sur les lignes de crete, des eoliennes, parfois, dans les champs, des carres cernes de buis coupé au cordeau et des croix alignées, un drapeau qui flotte : un petit cimetiere militaire,

On s’arrete et j’achete un sandwich et une salade de fruits : 8euros 28, Dommage, il n’est que 19h52, J’aurai bien aimé dépenser 8 euros 28 á 8h28 !

Un peu avant Strasbourg, quelques champs de houblon,

Strasbourg, sa rocade, son cimetiere militaire (pas que des croix : c’est quoi, les autres ? des juifs, des musulmans? je sais pas si l’administration a prévu un type de sépulture pour les athés), suivi de pres par IKEA – Meubles et Decorations.

Nous passons le Rhin, il fait encore jour. je cherche une trace humaine, matérielle  de la frontiere, ne la vois pas. Interroge mon voisin (depuis Strasbourg, j’ai un voisin), lui non plus ne voit pas.

Aprés, il fait nuit, je dors. Ou j’essaye en tout cas ! Re arret en Allemagne sur une aire d’autoroute, trop endormie pour identifier les spécialités locales !

A la frontiere Germano-Autrichienne, je dors : je ne verrai pas comment elle est matérialisée,

Vienne, sa gare routiere sous la rocade, un personnel incapable de nous dire quand arrive le bus pour Budapest,,,,son café dans une baraque de chantier, avec une dame blond platine qui s’active á préparer des sandwiches ,,,Les gens se regroupent naturellement par langue parlée : les francophones maugréent parce qu’á l’achat du billet on ne leur a pas signalé le changement de bus et l’attente, les autres je en sais pas je ne comprends pas…

Nombreuses eoliennes en Autriche aussi. La transition de la ville á la campagne autour de Vienne est rapide !

Arrivée en Hongrie donc : c’est comme la frontiere espagnole par exemple : le bus n’est pas arrete, les passagers non controlés, mais il y a des batiments, et des douaniers,,,,Je me souviens d’un voyage á Budapest, enfant, des heures d’attente – m’avait-il semblé – au poste frontiere, la voiture passée au peigne fin, Maman qui avait du retirer ses lunettes de soleil pour que les douaniers vérifient que c’est bien elle….

Toujours beaucoup de champs immenses (des dizaines d’hectares !), des grandes cultures : cereales, mais, tournesol, colza – enfin je suppose, parce que c’était en graines…-, et des champs violets, je n’ai pas réussi á identifier,,,, Vu deux chevreuils qui se régalaient, pas mal de rapaces…

Arrivée á Budapest , et á l’hotel : je suis en limite d’urbanisation, aprés l’hotel, champs et forets,,, c’est une banlieue tres chic (maisons et jardins, chiens !)

Vous parlerai de Budapest une autre fois, dans quelques jours, quand j’aurai réussi á me dépatouiller de mes photos,,,

Cimetières

 
Bien sur, lieu de recueillement, de méditation , mais aussi, miroir de la société qui y enterre ses morts : que lit-on dans un cimetière de la société des personnes qui y sont enterrées ? de ses valeurs, de son aisance ? de la manière dont se côtoient les communautés – de ce qui définit les communautés ? des turbulences traversées ? de la place respective des hommes et des femmes ? qu’est-ce qui ici a en commun à tous les cimetières, qu’est-ce qui rend celui-là si particulier ? ….
 
A Budapest, par exemple, dans le cimetière de la ville, il y a la partie réservée aux soviétiques pour les russes, la partie réservée au socialistes hongrois, et les autres…les femmes mariées, qui jusqu’à il y a quelques années, ne portaient que le nom et prénom de leur mari…
 
A Rome, le cimetière pour les catholiques, le cimetière pour les autres. Dans le cimetière pour les catholiques, on aime le marbre, et il y a nombre de caveaux de famille imposants et récents, aux lignes géométriques épurées. Dans le cimetière pour les autres, une synthèse des communautés aisées qui se sont retrouvées à Rome : russes blancs au début du 20ème siècle, poètes anglais en villégiature.. Où sont enterrés maintenant les non catholiques ? Où étaient enterrés auparavant les non catholiques qui ne pouvaient s’offrir une place dans ce cimetière ?
 
A Montreuil (banlieue parisienne), le carré juif, le carré musulman, le haut du cimetière avec les tombes Rom, les parties dédiées aux soldats des deux guerres, 14-18 et 39-45…les petites tombes avec du gravier, parfois sans même un nom… des enfants morts avant d’en avoir reçu un, de nom ?
 
Les Sables d’Olonne avec ses disparus en mer, la vallée de Chamonix, avec ceux péris en montagne (et parfois venus de loin pour cela !)
 
A Bobo Dioulasso, chrétiens et musulmans se mélangent et de nombreuses tombes sont réduites à un monticule de terre
 
A Cheng Pau, une île de l’archipel de Hong Kong, les offrandes de fleurs, d’aliments pourrissent en regardant la mer . Comme partout, il y a des nombreuses tombes désaffectées.
 
A Berlin, le cimetière juif qui ne comprend plus de tombes car il a été détruit.
 
J’essaye de choisir des photos pour ce qu’elles racontent de ce cimetière, et aussi pour leur valeur photographique.
 
les deux cimetières de Rome :
 
 
 

 

et une sélection élaborée à la suite de la visite de nombreux cimetières