Abstraits Urbains

Quand je me promène dans un environnement urbain, ce que je vois d’abord, ce sont des lignes, des textures, des volumes. Comme des tableaux d’art abstrait. Ces photos ont été prises à Paris, Montreuil, les Sables d’Olonne, Budapest, Newcastle upon Tyne, Guarda, Hong Kong….

 

et Hong Kong, de nouveau…

Bonjour Chacune, Chacun,

je vous écris de France, et donc avec un clavier plus adapté… retour des cédilles, des accents….

Pour aller de Shenzen à Hong Kong, il y a une frontière terrestre, avec comme il se doit, contrôle à la sortie de la Chine et à l’entrée de Hong Kong. Je suis impressionnée par la foule : 30 comptoirs de contrôle des documents ouverts ! et la queue à chacun de ces comptoirs ! à Hong Kong, les amis qui me reçoivent indiquent que c’est samedi, les gens viennent faire leur shopping à Hong Kong. En effet, même s’il y a des magasins de produits de luxe en Chine, on n’est jamais à l’abri d’une contrefaçon. Donc, pour la sécurité, direction Hong Kong, ne serait-ce que pour la journée.

Il y a trois niveaux de qualité de contrefaçon : Super A, A et B. A l’oeil non averti, super A est indétectable. Même des grands magasins de marques peuvent vendre des contrefaçons, pour peu que le personnel y voie un profit suffisamment substantiel pour contrebalancer le risque d’être découvert.

En la RPC et Hong Kong, il y a une rivière, et un no man’s land habité – ce qui est contradictoire, je vous l’accorde-. Quelques villages pour lesquels il n’a pas été trouvé d’accord de rattachement territorial. Ce gens, sans vrai statut, sont dans une prison en plein air : ils ne disposent de documents pour voyager ni de la RPC, ni de Hong Kong.

Dans la partie de RPC la plus riche, la côte, maintenant les marques sont suffisamment connues pour qu’une grossière contrefaçon – en changeant une lettre dans la marque par exemple – ne soit plus vendable. Ces copies refluent donc vers l’intérieur du pays, où la différence entre Armani et Armanni n’est pas perçue encore.

Arrivée chez mes amis, les yeux dans les talons et l’estomac à l’envers – je crois que le petit déjeuner ne passe pas bien. Après avoir offert mes petits cadeaux – une boisson au gingembre, du café, un tissage tout cela venant du Laos, je fais une sieste bien méritée, et nous partons en soirée faire le tour du Victoria Peak. C’est un sommet de Hong Kong, lieu de promade apprécié. J’y étais venue il y a 15 ans, un chemin de terre bucolique ceignait le sommet. Le chemin existe toujours, mais il a été macadamisé, et agrémenté à l’arrivée du téléphérique par un immense mall comme il se doit. Donc, bien sur, ça rutile, ça brille, ça jette ses feux.

Nous faisons le tour du peak à un rythme compatible avec l’état de mon estomac et de ma fatigue. C’est entre chien et loup, et les vues sur la baie de Hong Kong qui s’illumine se découvrent entre les arbres au fil de la promenade. Deux hautes tours sont les sentinelles  de part et d’autre de la baie : la tour du commerce, et la tour de la finance. Elles ont été érigées à l’endroit le plus étroit de la baie, où,  il y a dans le flux marin quelque chose qui renforce la capacité à s’enrichir – eau étant pour les chinois associée à argent -. Il faut bien faire sens de tout, et les chinois excellent à ce jeu. Auparavant, du temps des Anglais, seules quelques maisons étaient autorisées sur le Peak, celles de  ceux qui détenaient le pouvoir.

Mes amis m’invitent à dîner dans un des restaurants du mall, d’où la vue sur la baie est somptueuse, et la cuisine à la hauteur de la vue.  Dommage que mon estomac fasse son épuisé, tout est succulent : asperges blanches au foie gras et à la truffe, bar tandoori, curry de poulet, salade aux crevettes, glace Mövenpick…J’essaye de négocier entre la fatigue, et faire honneur à cette belle invitation…mais la fatigue vainc, et je m’écroule pour 12 heures de sommeil dès que nous rentrons.

Le lendemain, j’ai expliqué que je souhaite voir les prix des appareils photo : Norman m’accompagne dans un magasin de type Darty, où il a ses habitudes. J’ai au préalable regardé sur l’internet français les prix de quelques appareils – je souhaite rester fidèle à canon powershot, donc je comprends à peu près comment ça marche, et qui reste dans des prix abordables. J’achèterai pour 300 euros un appareil qui m’en aurait coûté 400 en France, et cela me permet de refaire quelques photos avant de partir ! Puis, direction musée de Hong Kong. La stratégie du musée c’est l’anti Louvre – peu de pièces, chacuned etoute beauté, très bien mises en valeur… ce sont les arts traditionnels chinois – peinture, calligraphie porcelaines surtout, et bizarrement, quelques sculptures contemporaines. Un collectionneur de calligraphie explique que pour lui, la personnalité du peintre et son intégrité sont aussi importants que la qualité intrinsèque de la calligraphie. Cela me fait penser à nos débats récents autour de Céline.

Un beau soleil me brûle les yeux.

Le lendemain, avant dernier jour de mon séjour, le temps est encore au beau. Je choisis de passer la journée sur une île. Son nom : Peng Chau. 50 minutes de ferry, une île sans voiture. Là, pour la première fois depuis le début du séjour, je m’adonnerai à un de mes vices favoris : visiter un cimetière. L’île est petite, et les tombes font face à la mer. Ce qui me surprend, c’est la quantité d’espace occupé : j’ai l’impression que c’est environ 10 % de l’île qui est occupée de cette manière ! des temples colorés, des préparations aux concours international de danses de dragons qui va se dérouler dans quelques semaines, des cochons de lait laqués à offrir aux ancètres…Dans un des temples, la nature des offrandes contraste avec l’habitude : grande bouteille de Rémy Martin, de cognac Henessy, statuettes en or…pourtant, il ne paye pas plus de mine que les autres, avec ses balais à côté des autels, ne semble pas plus fréquenté non plus, ni plus surveillé….

Retour au bercail avec un très décoratif coup de soleil, et Norman s’empresse de me proposer une lotion après soleil apaisante.

Je reste le lendemain chez Judith et Norman, demain sera une longue journée… D’après Judith, je suis la seule personne étrangère au foyer dont le chat accepte – et même semble apprécier les caresses.

Voilà, l’inexorable horloge est intraitable sur ce point : il faut rentrer. Judith et Norman me rendent un dernier service : voyant mon sac à main qui ne ferme pas, ils m’en donnent au moment du départ un autre d’un beau jaune et surtout équipé d’une fermeture éclair.

Bus, sécurité, check in, out, transfert, émigration, immigration, conversation avec la voisine qui vient du bangladesh, petit déjeuner suivi d’un petit dejeuner, bus – combien de tickets s’il vous plait madame, pour Montreuil ?-. Je retrouve une vraie conductrice parisienne, bougonne mais qui rend quand même le service demandé.

Bonne arrivée à moi !

Amitiés

31 octobre

De retour au pays du camembert et de Sarkozy, mais aussi de vous, ce matin, tôt. je réorganise un peu mes photos, et vous envoie les dernières que je n’avais pas encore organisées.

D’abord, l’album rouge un peu enrichi : photos d’un salon de massage de pieds du point de vue du client, et photos – qui étaient déjà dans la première version, mais sans explications : dans certains temples, on peu demander au Bouddha qu’on vénère des réponses aux questions qu’on se pose. Petits bâtons et ‘haricots’ en bois, jetés par terre, donnent la réponse. Comme les fideles jettent les oracles plusieurs fois, je ne sais pas si c’est pour être bien sur de la réponse, ou s’ils le font jusqu’au moment ou ils obtiennent une réponse qui leur sied !

Ensuite, l’album du temple des mille bouddhas, a Sha Tin (nord des territoires de Hong Kong) : des bouddhas dores en pagaille, il y a le coin des hommes et celui des femmes; derrière le temple, la fabrique des statues en armature de fer, puis grillage pour donner du volume, puis ciment. Je n’ai pas été témoin de la phase peinture. Comme bien entendu tout est extrêmement codifié, les modèles auxquels il faut se référer sont représentés sur des feuillets, auxquels les sculpteurs se conforment. Et, au milieu de tout ça, un petit temple – un simple autel, presque- qui a l’air de n’avoir rien a faire avec le bouddhisme / un petit gars dans un fauteuil – un trône ? – …. et les fleurs offertes ramassées, presque fanées, prêtes a brûler… Il y a un bouddha au tuyau d’arrosage, et un bouddha au compteur électrique.

Bises, que les dragons, les chauves souris, les béliers (tous animaux qui portent bonheur pour les chinois) soient avec vous !

16 septembre 2009

 

Bonjour chacun,

  

Comme promis, quelques nouvelles…

Tout d'abord, tres probablement pendant tout le voyage, j'aurai un clavier sans accents ni cedilles.

En vrac, les premieres impressions : 

– Tout d'abord, un avion rempli de japonais masques,  des films dans l'avion : appaloosa sous-titre en chinois (c'est un western !), et des films d'adolescents chinois et japonais : 'propagande' pour sceller l'amitie sino-japonaise ?

 

A Shanghai, il a fallu passer l'immigration : scrutee de pres par un policier masque lui aussi, qui a soigneusement compare mon visage du jour avec la photo du passeport, puis sorti une loupe pour verifier la validite de mon visa ! Mais apres, il y a un petit boitier pour indiquer si on est content ou pas du policier !

On est bien en chine : parmi tous les panneaux habituels d'un aeroport (immigration, bagages, sortie…) se glissait un 'foot massage' (massage des pieds)…. et si tout le personnel de l'aeroport porte des masques, l'equipage des avions n'en porte pas, pas plus que le personnel des boutiques duty free…

 

 Arrivee a hong kong : beaucoup de choses semblent tres occidentales : vetements portes par les hommes et les femmes, marques des magasins (tous les grands noms sont la : chocolats GODIVA, Emporio Armani, tous nos cosmetiques, les bijoux de Beers, etc….)

A l'aeroport, un endroit pour manger; deux queues, une pour burger/mayo, l'autre pour nourriture chinoise : ou est la queue ? Aux burgers bien sur !

 

C’est dimanche, et c'est le jour de conge des bonnes philippines et indonesiennes des riches Hong Kongais ; elles se retrouvent entre elles dans certaines rues, par terre, et echangent livres et recettes de cuisine, jouent aux cartes…cela fait des centaines de personnes qui bloquent presque la circulation ! en traversant la villes, immeubles en ravalement couverts de cannes de bambou assemblees par de la corde…occidental, en apparence : dans beaucoup de magasins, il y a cote de la television High Tech un autel traditionnel, avec offrandes de nourriture…. mais c'est l'obsession de l'argent  : meme dans un magasin modeste, c'est la chaine Hong Kongaise des finances qui fait defiler  ses petites fleches vertes et rouges de changement de valeur des indices divers….ou nous aurions du foot ou de la tele realite !

Et toutes nos contradictions dans une sequence de pub : un produit bien gras et sucre vante par Mc Donald, immediatement suivi par une pub pour maigrir !  

 

Trouve : un temple indien (sikh, pour etre precis), et un cimetiere musulman ou il est demande aux femmes de se voiler (mais peu de voiles dans la rue)

 

La comedie qui cartonne actuellement : bienvenue chez les ch'tis

 

Et comme chez nous dans les grandes villes, extreme pauvrete cotoie extreme richesse (mais pas de mendiants)… des personnes tres agees deguenillees poussant d'enormes charriots….

 

Typhon : arret des transports en communs, pluies diluviennes depuis trois jours….

 

Un autre temple, chinois celui la : un plafond cache par les spirales d'encens qui se consument lentement, profusion de dieux a reverer…. il y a toujours quelqu'un qui passe, priere de quelques minutes, brule quelques batons d'encens. Peut-etre a cause des fumees d'encens, tout a l'air patine : les meubles, les dieux, meme les chinois qui gardent le temple ! 

Ce matin, depart pour la PRC (People's Republic of China) : 24 heures de train pour Shanghai en prevision….