récit, suite

Je continue mon récit sur les us des Lobis, même si je suis rentrée à Bobo depuis quelques jours… il y a de la matière !

Certaines maisons portent des traces blanches : cela signifie que le fétiche de la maison exige qu’on lui demande son accord – bien sur accompagné de sacrifices – avant de commencer à consommer la nouvelle récolte. Oui parce qu’en plus des fétiches (et leurs esprits) avec qui les féticheurs communiquent, il y a d’autres sortes de fétiches : les fétiches qui hébergent l’esprit d’un lieu (colline, rivière…), les fétiches des villages – à qui on s’adresse pour échapper à une épidémie, pour protéger les enfants…-, et les fétiches de la maison. Qui peuvent donc avoir des exigences spécifiques !

Et il y a la saison des fêtes après la récolte : de la même manière, il y a une cérémonie d’ouverture des festivités – valable pour toute la région – , et une cérémonie de fermeture de la saison, avec cela va sans dire demande faite aux fétiches. Les cérémonies regroupent à chaque fois les habitants de plusieurs villages, on y boit on y chante on y danse.

Nous visitons une maison dans un village. Chaque maison est conçue pour comme une forteresse : une entrée souvent basse pour déconcerter un ennemi possible, les animaux domestiques qui sont rentrés chaque jour pour être mis à l’abri (d’ailleurs, quand on rentre c’est dans l’espace des animaux).

Chaque femme a une pièce pour elle à partir de laquelle on peut accéder au toit, qui est le lieu de l’homme de la famille. On accède par une échelle, qui est un tronc incliné dans lequel on  a creusé des degrés – pas le genre d’escalier qui se dévale ! -Quand l’unique porte d’entrée est fermée, on peut donc circuler par l’intérieur. Du toit aussi on accède au grenier de la maison. Il y a aussi des greniers extérieurs, empruntés au peuple Gan : le grenier à l’intérieur de la maison est ‘le grenier’ sans précision, les greniers de l’extérieur s’appellent les greniers gan.

Ici, vue du dessus (du toit !) d’un grenier

Quand la porte est fermée on a donc à manger, et on peut se protéger d’assaillants ou d’animaux de la brousse.

Chaque femme à sa pièce, avec poteries qui contiennent ses richesses, un foyer pour cuisiner, et la poterie du divorce. Si le mari casse la poterie, c’est la répudiation. J’ai demandé ce qui se passerait si qqn d’autre que le mari casse la poterie : la sentence c’est toujours la répudiation ! Si un visiteur mal avisé ou maladroit le fait, il faut attendre le retour du mari, expliquer, organiser un sacrifice…

Si l’extérieur des maisons semble être très peu rangé (carcasses de vélo, bouts de plastique, poteries hors d’usage, bouts de tissu…) l’intérieur est extrêmement propre et vide. Dans la pièce d’une femme, les rangées de poteries qui contiennent ses richesses sont adossées à un mur, il y a aussi des poteries autour du foyer, quelques sacs dans un coin qui comprennent quelques pagnes et c’est tout. Tout est noir à cause de la suie du feu – mais, bon, il paraît que cela protège le bois des termites -.

Une nouvelle femme dans la maison? pas de problème : une nouvelle alvéole à la maison. Et un homme qui n’a qu’une femme est considéré comme un paresseux. 2, 3 femmes c’est la règle.

Un mari peut se protéger des infidélités possibles de sa femme en la ‘minant’. C’est-à-dire en lui faisant jeter un sort qui amènera malheur et/ou maladies et/ou mort d’un ou des deux protagonistes de l’infidélité, de préférence sans qu’elle le sache. Et donc quand un homme convoite une femme déjà mariée pour l’enlever, il va voir un féticheur pour vérifier si elle est ‘minée’, et identifier les actions à réaliser pour la déminer. Le système Lobi est matrilinéaire – à plusieurs reprises de ce court séjour, un Lobi nous a dit : la mère on sait qui c’est, le père il n’y a jamais de certitude….

Nous visitons la maison d’un balafoniste (il les réalise, et il en joue). Il y a là un duo de balafons pour les cérémonies de décès : vibrateurs sur les calebasses en toiles d’araignées, lien entre les lames en peau de biche, bois de la structure liés avec de la peau de vache. Ce sont des balafons qui peuvent être joués en dehors des cérémonies, et on a droit à un petit concert. Pour les balafons, le nombre de lames dépend de l’occasion à laquelle il est joué et ou du peuple qui l’utilise : 12,13, 14,17 lames ça dépend.

récit, suite

Sur le chemin vers Gaoua, nous traversons des villages d’orpailleurs. Il y a de l’or dans la région, et là où le sol est aurifère s’installent les orpailleurs. Pour le temps où ils gagneront assez d’argent. Quelques mois, ou quelques semaines. Autour du village, les monticules indiquent les endroits où les galeries sont en train de se creuser. L’activité est tolérée par le gouvernement, dans la mesure où l’aval de la chaîne, càd commercialisation et transformation est contrôlée par lui. A la saison des pluies, certaines mines sont fermées car considérées comme trop dangereuses.

Dans le village il y a mineurs et familles. Ce sont des paillottes, bâches plastique et grandes nattes. En passant, on voit les femmes qui vaquent à leurs activités habituelles. Il y a souvent des incendies, parfois accidentels parfois volontaires – des histoires de rivalités amoureuses, d’endroits plus aurifères que d’autres.

Nous retrouvons notre guide, François, qui va dans les deux prochains jours nous expliquer la culture Lobi, et nous permettre de visiter plusieurs endroits.

Dimanche, c’est marché, et l’après-midi nous visitons le musée ethnographique. je vous en ai déjà parlé un peu.

Le soir, c’est la finale de la CAN (Coupe d’Afrique des Nations, pour les non initiés, c’est du foot, et ça permet aussi d’être sélectionné pour le mondial). Côte d’Ivoire contre Ghana (le Burkina a été éliminé il y a longtemps !) : deux pays tous proches de la région, et chacun a ses supporteurs. Je rejoins le restau en plein air où nous allons diner. Dans tous les commerces ouverts il y a une télévision, et devant la télévision de nombreux spectateurs – essentiellement des hommes -. Au restau un grand écran, les commentateurs déversent beaucoup de banalités à plein poumons – si l’on peut parler de poumons pour des haut-parleurs. Aux ‘oooohhhh’ et ‘ahhhhh’ qui accompagnent les occasions de buts, J’ai l’impression que la moitié des spectateurs supporte le Ghana et l’autre moitié la Côte d’Ivoire. Le match n’en finit pas (prolongations, 1ère série de tirs au but, deuxième série de tirs au buts…), et finalement un but marqué d’un côté, loupé de l’autre c’est la fin. On attend assez peu finalement – un quart d’heure ? – la ronde des motos excitées, puis le calme revient et nous rentrons.

Revenons à cette région : des vanniers, qui récoltent les plantes qu’ils utilisent une fois par an, chacun pour soi. Et l’année se passe à tresser, à vendre. La plante utilisée est assez rigide. C’est une activité de femmes, et elles font des paniers à base carré ou rectangulaire, et de toutes dimensions ! (des grands plateaux avec un rebord court, utilisé au marché par les vendeuses de légumes pour disposer leur marchandise, des paniers avec un grand plateau et un haut rebord pour transporter sur la tête sur de grandes distance). Un panier à grand rebord associé à un panier à petit rebord, et hop, une boîte ! Les tiges passées au feu rapidement se couvrent de suie et deviennent noires : cela permet de varier les motifs ; les liens sont en plastique de couleurs, tirés de grands sacs qui transportent riz, mil etc…

Comme le diamètre des tiges varie de gros (7 mm ?) à fin (1 mm ?), cela permet de varier aussi la finesse du travail.

Dans le village, les femmes ont sorti leurs paniers à notre arrivée. Un tout petit me tend toutes sortes de paniers : il a bien compris que ce  sont le toubabs (en lobi les dablos) (càd les blancs) qui partent avec.

Les lobis sont animistes, et voilà ce que j’ai compris : il y a un dieu unique, Tangba. Et un paradis – où on est en symbiose avec ses ancêtres si tout va bien -, aussi un purgatoire.

Il y a toutes sortes d’esprits – lutins, djins,etc…-, qui permettent de dialoguer avec Tangba, ou qui ont leur puissance propre. Ces esprits habitent les fétiches, qui ont une matérialité – bois façonné par l’homme, ou une pierre, un calebasse, etc…figure humaine, animale, pierre laissée en l’état : les fétiches prennent toutes sortes de formes. Les féticheurs sont les hommes qui sont les intermédiaires entre la communauté humaine et les esprits – ils savent causer avec eux de la manière qui va bien pour chacun, parce que attention, on cause pas pareil avec tout le monde ! Cauris, eau, coquillages, nattes de divination, rêves, chacun son langage. Il y a un bois particulier réservé pour faire les fétiches. Je rapproche cette fonction d’intermédiaire de celle des chamans ou des druides.

Normalement, les fétiches sont tabous. Nous ne pouvons pas les voir, et  pas plus bien sur les photographier. François est guide depuis longtemps, et à force de négocier il a convenu avec un féticheur d’accepter des visites. Pour que les fétiches ne soient pas offensés – manifestement ils n’aiment pas les flashes ! -, il y a des sacrifices prévus tous les ans pour les apaiser.

Chez ce féticheur, les fétiches sont regroupés dans 3 cases à fétiche. Parce que à chaque fétiche, il faut vérifier avec qui il veut cohabiter ! ah, non, pas question de mélanger un fétiche de fertilité avec un fétiche qui protège des flèches empoisonnées ou des armes à feu ! Et pour chaque demande faite au féticheur, il y a un fétiche à interroger – chacun sa spécialité, pas de rivalités !

Donc si je me souviens : une case surtout pour les guérisons, avec des calebasses qui contiennent des âmes de malades enfermées. On leur a donné une âme de chien à la place – le chien est celui dont l’âme est la plus proche de l’âme humaine -, cela permet de repousser la mort. Mais ce temps là vient quand même, et là on rend son âme à son propriétaire légitime. Cette case-là est à côté de la maison. Et souvent, le féticheur est aussi guérisseur – connait les plantes et leur usage. On peut repartir avec un canari plein d’une infusion, canari qui sera rapporté après usage car il est investi de la puissance du fétiche, et quand on ne sait pas leur causer, mieux vaut ne pas les avoir trop près..

Une case de protection, dans la maison – contre les coups, les armes, les flèches, etc.. quand quelqu’un vient pour demander une protection le féticheur façonne un gri-gri, dont la puissance est souvent accompagnée d’interdits – souvent liés au sexe -. Si on ne respecte plus les interdits, le gri-gri perd de sa puissance. Mais tout n’est pas perdu, on peut venir le recharger !

Et une dernière case à fétiches également dans la maison, il y avait tellement de fétiches faisant des choses différentes que j’ai presque tout oublié ! fertilité – la statuette était assez explicite -, pour les autres je ne sais plus trop.

 

 

Ça fait un peu bizarre d’être à la source même des toutes ces croyances et représentations qui ont fourni nos divers musées… Le chapeau du vendeur de médecine traditionnelle du marché avec ses cauris, digne d’orner une vitrine du musée du quai Branly, toutes ces statuettes au regard fixe accumulées dans une ambiance poussiéreuse..

début du récit

 
 
Bonjour

quelques nouvelles : poussière, chaleur (50° au soleil le midi, 40° à l’ombre) : difficile de faire pipi, même en buvant comme des trous ! c’est normalement la saison fraîche, mais il fait le temps de la saison chaude. c’est la saison de repos agricole (l’activité reprendra après les premières pluies attendues fin avril), et donc on refait les maisons, et on fait la fête (ici en pays Lobi – tous à vos atlas ! – càdire à cheval entre Ghana, sud du Burkina et côte d’Ivoire, pour faire la fête on boit du ‘Dolo’ – bière de mil. on trouve du mil germé et séché au marché pour fabriquer la bière). 

Visité aujourd’hui marché de Gaoua et musée ethnographique. 

Sur la route du village des potiers, le matin arrivent plein de jeunes filles avec des monceaux sur la tête : des pots, canaris, brule encens, abreuvoir à poule – très réfléchi : pas trop profond pour qu’un poussin qui y rentre ne s’y noie pas, assez protégé pour que ce soit pas les moutons qui boivent, et à 50° c’est sur il faut les abreuver les poussins !  il y a des animaux – pour le plaisir, que font aussi les enfants. et les enfants avaient plein de sortes d’animaux – des éléphants avec des défenses sur le front, des crocodiles, et d’autres non identifiés -, et un avait fait des hélicoptères. Nous en avons pris 3, un à chaque enfant. Plus tard, je verrai que les oiseaux sont aussi des sifflets.

d’un autre côté arrivent les femmes, des jeunes filles des gamines,  avec du bois, ou du charbon de bois. 
Et tout cela parsemé de personnes sur leur 31 qui vont à la messe – vu ce matin : robe en satin jaune, socquettes blanches et bonnet de bain. d’où il vient celui là, aucune idée ! les missionnaires ont bien bossé, environ 30% des lobis se sont convertis au chistianisme. Les musulmans du cru sont d’autres ethnies qui se sont installés plus ou moins récemment-  . je suis allée à la messe – en français. Eglise pleine, une femme qui allaite. piqure de rappel des dernières recommandations du pape : ne pas oublier de se reposer – mais après avoir bien travaillé, ne pas succomber à la vanité… je suis partie après.

Les Lobis sont agriculteurs, éléveurs et animistes. donc on élève des poules, et des moutons e chèvres pour les sacrifices, les boeufs sont en perte de vitesse : les dots, autrefois payés en boeufs sont limitées à 3 boeufs, et les grands sacrifices sont rares. Comme les enfants vont plus à l’école, il n’y a plus personne pour emmener les boeufs au marigot (parfois à plusieurs km). Plus de boeufs, donc !
Les femmes étaient excisées, mais maintenant il y a des campagnes pour limiter l’excision – plein de panneaux au bord des routes pour expliquer que non, ça se fait pas. la loi punit de prison les exciseuses – les parents, je sais pas -. ça régresse, mais doucement semble-t-il.

des initiations organisées tous les 7 ans pour les garçons et les filles, organisées par clan. ça rigole pas ! et un seul endroit pour le million 5 de lobis de cette région. au fouet pour que tout ce petit monde se tienne à carreau; la résistance à la douleur reste une valeur sure (avant, on taillait les dents en pointe au silex !) personne dira ce qu’on fait pendant les initiations,  sauf pour gagner des sous – et là on te raconte n’importe quoi –  donc j’en sais pas beaucoup plus, . Il vaut mieux être initié, sinon il y a des cérémonies auxquelles on ne peut pas assister – et c’est humiliant -, et on n’a pas son nom définitif.
 
les féticheurs sont bien sur des personnes très importantes dans la communauté – toutes sortes de fétiches. au musée , il y en a des étonnants : comme ils ont été sculptés après l’arrivée des colonisateurs, ils ont une casquette de militaire. C’est pour se faire pardonner des meurtres commis à la guerre. et ils bossent avec les forgerons – par exemple, ils peuvent pour punir qqn le frapper de la foudre, et il faut ensuite l’intervention d’un forgeron sur la personne foudroyée ensuite. ils sont aussi guérisseurs – au marché ce matin, un jeune  homme, avec une calotte kaki élimée, constellée de cauris est accroupi devant une calebasse pleine de petits sachets : des médicaments traditionnels à 5 francs (650 francs= 1 euro), et il faut donner exactement 5 francs ! pas pu en acheter parce qu’on avait pas de pièce assez petite.. (et il faut pas croire qu’on pouvait en acheter 20 pour 100 francs, si on achète 20 il faut payer 20 fois avec 5 francs !).
 
Bon, voilà j’arrive à la fin de mon heure d’internet, je vous fais des bises…
 
au programme demain : visite du village de vanniers, et de féticheurs…
 
Cécile


ça sent le sapin !

 

déjà à la rue…

Guarda – mai 2011

La géométrie du désespoir

Flânerie dans Guarda

Quelques jours dans une ville du nord du Portugal : Guarda….

les messes de célébration des décès, après 7 jours, un mois, six mois….dommage qu’on ne fasse pas ça pour les mariages aussi ! Et les images de la vierge sur la façade de la maison qui abrite la branche locale du PC…

des lieux de désolation : le marché, les maisons de la vieille ville à l’abandon, un café dont le patron essaye d’échapper aux propos d’un vieux pilier aviné…

le cimetière en face de l’hôpital, à côté de la prison – bizarrement, en face de la porte de prison, des poubelles pour le tri sélectif des déchets

23 septembre 2009

 

Bonjour chacun,

Apres Hong Kong, direction Shanghai….

Train de nuit, immigration, controle des bagages – meme avec un chien ! – et reexamen du visa a la loupe. Mon ami chinois me dit que les autorites sont particulierement vigilantes a l'approche du 60eme anniversaire de la republique. Il pleut toujours des trombes.

Shanghai est une drole de mosaique : des quartiers comme ceux de Hong Kong, hauts buildings couverts d'ecrans de publicite, centres commerciaux brillamment eclaires, des banlieues avec la aussi des grands buildings, mais sans publicites, sans magasins, beaucoup d'espaces verts entre les immeubles, quelques rues qui restent avec des maisons basses, la vieille ville, autre concentration de souvenirs pour touristes, avec encore quelques ruelles habitees. La vieille ville est cernee par les chantiers, semble se reduire d'heure en heure, et enfin 'la concession française', immeubles de type occidental du XIX eme siecle, lorsque les occidentaux se sont implantes a Shanghai.

 

Des chantiers partout dans la ville, y compris sur les avenues tres luxueuses : ca va encore se construire, plus haut, toujours plus haut…

Meme dans une grande ville comme Shanghai, ou il y a pourtant beaucoup d'expatries, les chinois sont assez curieux des etrangers, et pour eux paris est la ville romantique par excellence : je me suis promenee seule samedi apres midi, et j'ai ete abordee plusieurs fois. Paris, ah!… paris… bonjour, messi, bienvenue a Shanghai – les 'r' français sont difficiles pour les chinois

Une communaute musulmane se concentre autour de la mosquee; vendredi, pendant le ramadan, a l'heure de la priere, les fideles sont tellement nombreux que cela deborde dans la rue. Les musulmans sont reconnaissables a leur calotte blanche sur le crane. Les femmes sont voilees. Autour de la mosquee, il y a des stands de nourriture tenus par ces musulmans – pendant le ramadan, eux ne mangent pas le midi, mais le commerce ne s'arrete pas pour autant -. Les stands sont abandonnes le temps d'aller prier, puis les hommes reprennent leur role de marchands. Nous pouvons visiter la mosquee, qui est tres simple : des nattes par terre, un mihrab en pave de verre…

Des petits enfants avec le pantalon fendu, c'est plus simple pour la gestion des pipis-cacas pas encore tout a fait maitrises…

Les hommes qui jouent dans les magasins, en attendant le client – echecs chinois, mah-jong, cartes-… 

Je commence a m'habituer a la maniere shanghaienne (chinoise ?) de faire du commerce : ils commencent par te faire un cadeau – une calligraphie avec ton nom, un bol de the un peu luxueux… – pour bien entendu te vendre ensuite leur produit. C’est toujours fait avec le sourire, mais avec insistance… il y a les aussi vendeurs qui te suivent dans la rue – mont-blanc (les stylos, pas les cremes !), Louis Vuitton….-il y a aussi les marques qui reprennent les codes graphiques d'une marque celebre (et chere), et deforment legerement le nom; exemple : l'occitown     

 

Pour ecrire en ideogrammes chinois – sms, internet-, plusieurs systemes : un part du clavier en caracteres latins : on tape le son (lo par exemple), et s'affichent alors tous les ideogrammes dont la prononciation commence par 'lo'; on choisit alors celui qui convient. L’autre systeme consiste a dessiner l'ideogramme sur un clavier a l'aide d'un stylet, et un systeme intelligent reconnait l'ideogramme dessine, et l'insere en caracteres typographiques dans le texte.  

 

Apres Shanghai la neuve – ce n'etait qu'un village de pecheurs avant l'installation des etrangers au XIX siecle -, direction Suzhou, ville qui a 3000 ans d'histoire, et est celebre pour ses jardins et ses canaux. Voyage en train : train rapide, cela dure 1/2 heure. Controle des bagages aux rayons X au depart, et controle des billets au depart et a l'arrivee. Cette ville est une destination populaire aupres des chinois.

Le soir, balade en bateau sur les canaux : debauche de lumieres et d'effets lumineux; ca brille de partout, des hauts immeubles modernes qui ceinturent la vieille, aux toits de la vieille ville, dont les courbes sont soulignees d'ampoules ! Et dans les jardins, des ampoules vertes qui donnent un aspect artificiel aux arbres. Et bien sur, un marche de nuit ouvert jusqu'a 4 heures du matin, des rues entieres des restaurants, des garrottes aux restaurants tres luxueux. Perdus sur le chemin du retour a l'hotel, nous demandons notre chemin. Une jeune femme se propose de nous accompagner jusqu'a l'hotel. Elle nous explique qu'elle travaille dans un restaurant 12 heures par jour, 2 demi-journees de conge par semaine. Elle est venue de la campagne pour ce travail. Elle nous fait passer par des venelles : dans certains appartements, plusieurs tables jouent au mahjong. En parlant avec d'autres  personnes travaillant ici, nous nous rendons compte que beaucoup viennent d'autres regions de chine. 

 

En nous baladant, nous avons trouve une vielle partie de Suzhou, qui elle est en train de devenir tres chic : galerie d'art contemporaine, salons de the tres agreables… encore une fois, tout cela se mele a la vie des gens qui vivent la, dans des tout petits interieurs… 

 

Dans les environs de Suzhou, la ville de Tongli : la aussi, une vieille ville de canaux et de jardins…c'est beaucoup plus petit que Suzhou, et c'est drole : la aussi, beaucoup de touristes chinois, tres peu d'occidentaux se melangent aux gens du cru. Femmes et hommes aux visages recuits, aux vetements beaucoup moins recherches que ceux de la ville. Peu d'activite dans les magasins de souvenirs, ou les femmes brodent et tricotent en attendant le client, alors que les hommes jouent au mahjong, aux cartes ou aux echecs chinois. Murs chaules, canaux avec petits ponts en dos d'ane, toits aux bords releves : on est bien dans l'image qu'on a en occident de la chine ancienne…

 

Je craque sur tout et n'importe quoi : un gobelet tres simple en bambou, une petite fiole decoree de poissons, des chaussures brodees… et ce n'est que le debut du voyage ! Mon dieu, avec quelle quantite de bagages vais-je revenir ! 

 

Hier, mauvaise manipulation de l'appareil photo : j'ai efface presque toutes les photos que j'ai prises jusqu'ici… dommage, j'avais une jolie collection de pieds, d'enfants, de balais, de portes… (Dans les jardins, les portes ont des formes toujours differentes) ….

 

La vie monastique semble tres active : dans presque tous les temples que j'ai visites, il y a des moines. Dans un des temples, je suis arrivee au moment d'une ceremonie : deambulation et mantras. En plus des moines, deux personnes venues pour prier et moi. En m'approchant, je me suis rendu compte que certains chantaient effectivement, mais d'autres pas du tout; il y en avait plusieurs qui avaient  six points sans cheveux sur leurs crane rase… aucune idee de ce que cela signifie…

 

Je vous ecrirai a propos de la nourriture une autre fois ! 

 

J’essaie de vous envoyer quelques photos que j'ai pu sauver, des que je peux (ce sera plus complique qu'a Hong Kong).

16 septembre 2009

 

Bonjour chacun,

  

Comme promis, quelques nouvelles…

Tout d'abord, tres probablement pendant tout le voyage, j'aurai un clavier sans accents ni cedilles.

En vrac, les premieres impressions : 

– Tout d'abord, un avion rempli de japonais masques,  des films dans l'avion : appaloosa sous-titre en chinois (c'est un western !), et des films d'adolescents chinois et japonais : 'propagande' pour sceller l'amitie sino-japonaise ?

 

A Shanghai, il a fallu passer l'immigration : scrutee de pres par un policier masque lui aussi, qui a soigneusement compare mon visage du jour avec la photo du passeport, puis sorti une loupe pour verifier la validite de mon visa ! Mais apres, il y a un petit boitier pour indiquer si on est content ou pas du policier !

On est bien en chine : parmi tous les panneaux habituels d'un aeroport (immigration, bagages, sortie…) se glissait un 'foot massage' (massage des pieds)…. et si tout le personnel de l'aeroport porte des masques, l'equipage des avions n'en porte pas, pas plus que le personnel des boutiques duty free…

 

 Arrivee a hong kong : beaucoup de choses semblent tres occidentales : vetements portes par les hommes et les femmes, marques des magasins (tous les grands noms sont la : chocolats GODIVA, Emporio Armani, tous nos cosmetiques, les bijoux de Beers, etc….)

A l'aeroport, un endroit pour manger; deux queues, une pour burger/mayo, l'autre pour nourriture chinoise : ou est la queue ? Aux burgers bien sur !

 

C’est dimanche, et c'est le jour de conge des bonnes philippines et indonesiennes des riches Hong Kongais ; elles se retrouvent entre elles dans certaines rues, par terre, et echangent livres et recettes de cuisine, jouent aux cartes…cela fait des centaines de personnes qui bloquent presque la circulation ! en traversant la villes, immeubles en ravalement couverts de cannes de bambou assemblees par de la corde…occidental, en apparence : dans beaucoup de magasins, il y a cote de la television High Tech un autel traditionnel, avec offrandes de nourriture…. mais c'est l'obsession de l'argent  : meme dans un magasin modeste, c'est la chaine Hong Kongaise des finances qui fait defiler  ses petites fleches vertes et rouges de changement de valeur des indices divers….ou nous aurions du foot ou de la tele realite !

Et toutes nos contradictions dans une sequence de pub : un produit bien gras et sucre vante par Mc Donald, immediatement suivi par une pub pour maigrir !  

 

Trouve : un temple indien (sikh, pour etre precis), et un cimetiere musulman ou il est demande aux femmes de se voiler (mais peu de voiles dans la rue)

 

La comedie qui cartonne actuellement : bienvenue chez les ch'tis

 

Et comme chez nous dans les grandes villes, extreme pauvrete cotoie extreme richesse (mais pas de mendiants)… des personnes tres agees deguenillees poussant d'enormes charriots….

 

Typhon : arret des transports en communs, pluies diluviennes depuis trois jours….

 

Un autre temple, chinois celui la : un plafond cache par les spirales d'encens qui se consument lentement, profusion de dieux a reverer…. il y a toujours quelqu'un qui passe, priere de quelques minutes, brule quelques batons d'encens. Peut-etre a cause des fumees d'encens, tout a l'air patine : les meubles, les dieux, meme les chinois qui gardent le temple ! 

Ce matin, depart pour la PRC (People's Republic of China) : 24 heures de train pour Shanghai en prevision….

 

26 février 2010

Ce matin, petit voyage dans les instruments de musique et leurs fonctions….un tout petit musée, avec un gardien qui fait une visite guidée….

évidemment, à ethnies différentes règles différentes….

d’abord, trois niveaux de communications possibles : à l’intérieur d’un village, entre villages, avec l’au-delà. Pour chaque niveau, des instruments différents.

d’abord, les instruments pour le déroulement de la vie tout court : ensembles de balafons et de tambours pour rythmer naissances, initiations, mariages, funérailles. Selon les cas, ce seront les mêmes instruments qui serviront pour tous types de cérémonies, ou un ensemble d’instrument pour un type de cérémonie (les balafons pour les naissances ne sont pas ceux des funérailles). Pour construire un instrument, on consulte les esprits qui indiquent comment construire l’instrument (peau de chèvre, de biche, d’âne ? quel sorte de bois ? ), quels sacrifices réaliser, et l’usage de l’instrument.

Il y a aussi des instruments pour les bonnes récoltes, pour la fertilité des femmes, pour une chasse réussie. Et bien sur, pour s’attirer les faveurs des esprits.

islam et animisme ont l’air bien souvent de cohabiter : pour témoin, une tunique de chasseur recouverte de petits sacs en cuir assurant la protection en brousse : les sacs peuvent contenir des amulettes (parties d’animaux; ça se trouve facilement en ville; il y a des étals peins de crânes, de hérissons et de caméléons séchés, de fourrures diverses), ou des versets du coran …

Pour les rois (décès, intronisation d’un nouveau roi), ce sont des instruments spécifiques.

Et des instruments pour informer d’attaques et appeler à l’aide ….

donc on frappe (balafons, tambours), on frotte (instruments à corde et à archet, chez les peuls par exemple), on souffle (sifflets, cornes…), on pince (n’gonis des griots).

Demain, je suis invitée à un baptême (je n’ai pas bien compris à quoi ça correspond : c’est dans une famille musulmane, c’est pour un enfant, mais ce n’est pas la circoncision…).

Et cet après-midi, au programme, travailler sur les sculptures déjà fondues….

Cimetières

 
Bien sur, lieu de recueillement, de méditation , mais aussi, miroir de la société qui y enterre ses morts : que lit-on dans un cimetière de la société des personnes qui y sont enterrées ? de ses valeurs, de son aisance ? de la manière dont se côtoient les communautés – de ce qui définit les communautés ? des turbulences traversées ? de la place respective des hommes et des femmes ? qu’est-ce qui ici a en commun à tous les cimetières, qu’est-ce qui rend celui-là si particulier ? ….
 
A Budapest, par exemple, dans le cimetière de la ville, il y a la partie réservée aux soviétiques pour les russes, la partie réservée au socialistes hongrois, et les autres…les femmes mariées, qui jusqu’à il y a quelques années, ne portaient que le nom et prénom de leur mari…
 
A Rome, le cimetière pour les catholiques, le cimetière pour les autres. Dans le cimetière pour les catholiques, on aime le marbre, et il y a nombre de caveaux de famille imposants et récents, aux lignes géométriques épurées. Dans le cimetière pour les autres, une synthèse des communautés aisées qui se sont retrouvées à Rome : russes blancs au début du 20ème siècle, poètes anglais en villégiature.. Où sont enterrés maintenant les non catholiques ? Où étaient enterrés auparavant les non catholiques qui ne pouvaient s’offrir une place dans ce cimetière ?
 
A Montreuil (banlieue parisienne), le carré juif, le carré musulman, le haut du cimetière avec les tombes Rom, les parties dédiées aux soldats des deux guerres, 14-18 et 39-45…les petites tombes avec du gravier, parfois sans même un nom… des enfants morts avant d’en avoir reçu un, de nom ?
 
Les Sables d’Olonne avec ses disparus en mer, la vallée de Chamonix, avec ceux péris en montagne (et parfois venus de loin pour cela !)
 
A Bobo Dioulasso, chrétiens et musulmans se mélangent et de nombreuses tombes sont réduites à un monticule de terre
 
A Cheng Pau, une île de l’archipel de Hong Kong, les offrandes de fleurs, d’aliments pourrissent en regardant la mer . Comme partout, il y a des nombreuses tombes désaffectées.
 
A Berlin, le cimetière juif qui ne comprend plus de tombes car il a été détruit.
 
J’essaye de choisir des photos pour ce qu’elles racontent de ce cimetière, et aussi pour leur valeur photographique.
 
les deux cimetières de Rome :
 
 
 

 

et une sélection élaborée à la suite de la visite de nombreux cimetières