Lo Dico Mono-mot

Lo Gros Dico Mono-Mot
Un désir, une faim même, grandissante, d’inutile, de léger….
Une envie, une soif même, de rencontres liées au hasard et pas liées au hasard….
Une inclinaison, une pulsion même, pour découvrir des cascades de sons nouveaux inouïs pour moi,
Des histoires aussi.
De ce faisceau (convergent) germa le projet suivant :
  • Des langues, idiomes, patois, argots, dialectes, jargons
  • Venus de partout,
  • D’en haut d’en bas du nord du sud de l’est de l’ouest de l’air de l’eau de la terre
  • Le plus possible, une abondance de langages,
  • Vivants, vivaces, ou presque éteints, ou fanés, ou ne vibrant plus que dans les oreilles et les neurones de quelque spécialiste,
Et donc de sons, et donc de signes,
Quelques … mots – non pas mots, mais …images ? sensations ?
Déclinés dans tous ces langages,
Pour commencer, j’ai choisi :
  • Papillon
  • Escalier (ou échelle)
  • Guili guili (ou chatouille)
Vous trouverez ces images-sensations :
  • En caractères de la langue dans laquelle ils sont exprimés
  • En caractères latins
  • En sons
Accompagnés :
  • D’une image de qui les a prononcés
  • De ce qu’ils ont – peut-être – évoqué pour la personne qui les a prononcés – une histoire ? un proverbe ? un souvenir ? une chanson ? un poème ? Encore autre ‘chose’ ?
BonVoyage ….
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Des impressions en vrac….

L’avenue de la Liberté, grande artère désertée  par les flâneurs le jour où je l’ai arpentée, une succession d’agences – de sièges ? – de grandes banques… des ruelles adjacentes d’où il semble que les habitants ont été chassés, des demeures modestes aux ouvertures bouchées à grands renforts de parpaings…

Dans les quartiers encore populaires, des pâtés ripolinés et rutilants côtoient des façades décrépites…de grandes bannières ornées de symboles municipaux annoncent des rénovations…. On semble voir la spéculation immobilière à l’œuvre – dans un quartier, une grande superficie de maisons se décomposant – depuis combien de temps, aucune idée ! – un panneau qui indique l’ouverture d’un espace de luxe, spas, appartements…  autour, des maisons d’un étage avec le linge qui sèche aux fenêtres.

Des musées d’art contemporains  aux collections riches, qui font rêver réfléchir voyager, dont l’entrée est gratuite (mais si vous ne rêvez pas !); ai donc pu visiter une très belle exposition dont le thème est les cartes, il y a de tout : du poétique au politique, de l’intime à l’universel, de l’inventé du détourné du dilacéré, de la nostalgie et de la prospective…

Des centres commerciaux qui ressemblent à ceux qu’on trouve partout ailleurs en Europe : les mêmes enseignes, les mêmes produits ou presque, les mêmes allées de granite brillant dômes de verre fontaines colonnes vigiles acoustique éclairage odeurs dans les magasins les allées les toilettes

Une incursion dans l’univers des fans de Foot : le stade de Benfica. Eh bien vous y trouverez le magasin de l’équipe avec Tout Pour Les Supporters : à côté des inévitables indémodables inoxydables maillots, écharpes, casquettes, ballons dûment estampillés aux couleurs du club, des objets sans surprise  – porte clefs, mugs, alcools divers – et d’autres auxquels je n’aurais pas songé : strings, charentaises…Une ambiance d’avant match : deux heures avant l’ouverture, des groupes souvent exclusivement masculins et reconnaissables à leurs écharpes arrivent avec leur stock de bouteilles, bière remplissant une noria toujours renouvellée de gobelets en plastique fournie contre espèces bien sur par les bars du stade…Le lendemain, la télévision montrera des images de policiers intervenant dans le stade pour maintenir séparés deux groupes de supporters prêts à en découdre….

De magnifiques stations de métro, des partis pris d’artistes pour celles qui ont eu l’heur d’être ainsi investies. Un univers s’y dévoile à chaque fois, l’art des azuleros y est vivant… Les plantes et animaux à l’honneur à la station jardin botanique, ailleurs le lapin d’Alice, les découvertes maritimes,…

Bien sur, un tour pour finir au cimetière…ici, c’est comme à la maison : rideaux aux fenêtres, tapis et fleurs, cercueils recouverts de jetés crochetés…des caveaux portant des noms essentiellement portugais, quelques noms français.

le voyage commence…

Quelques enregistrements déjà réalisés :

Présentation Rasa français

Rasa (Lituanien) : Escalier

Azhar : guili guili ourdou et pendjabi

Présentation-Ghandi

Ghandi adam (arabe soudanais et arabe littéraire) – chanson papillon : papillon-chanson-ghandi

Tounkara – présentation  : présentation Tonkara

Toukara (soninké) : guili guili-chanson

Geneviève (polonais) : chanson qui n’a rien à voir !

Présentation d’Ingeborg (norvégien)

Ingeborg : guili guili

Ingeborg : chanson du papillon

Pao Khang (hmong) chanson papillon

Samba se présente

Samba (wolof) : échelle

Samba (wolof) : guili guili

Samba (wolof) : papillon

Samba (wolof) : une histoire de papillon

Idrissa se présente

Idrissa (moré) : Escalier

Idrissa (moré) : guili guili

Idrissa : une histoire avec guili guili

Idrissa : papillon

François : présentation

François (Lobiri) : échelle

François (Lobiri) : guili guili

François (Lobiri) : papillon

Et une recherche approfondie en bretons pour ‘papillon’ (en attente d’enregistrement…), généreusement proposée par Peter :

 Quelques noms pour le français « papillon » en breton (avec sources et étymologies s’il vous plaît !)

Le débutant en breton apprendra que le papillon se dit en breton standard "balafenn, ar valafenn", nom féminin. J'ai voulu savoir comment on appelle réellement cet insecte dans les divers dialectes et parlers bretons. Malheureusement, ce mot ne fait l'objet d'aucune des questions posées dans les trois atlas linguistiques dont je dispose. Voici néanmoins les éléments que j'ai grapillés ici ou là. 
Pont-Croix (Cap, sud-ouest de la Cornouaille): "papilhon", et petit papillon "labichou, labichouenn" (Gargadennec, Hor Yezh 169, 1986, p.96). Cf. NALBB point 121 Penmarch, carte 247 coccinelle: lâ:bëz … (cf. (?) labous = oiseau). 
Plogoff (Cap): ôn el'chou:e = un papillon (NALBB 247 coccinelle, variantes) = (?) un aelig-Doue, ou (?) un ael-Zoue. 
Gouézec (Basse Cornouaille centrale): "kalvennig, nom fém." (Yeun ar Gow, Hor Yezh 170, 1987, p. 22). 
Plogonnec: kalvennig (Hor Yezh 217, p. 12: labous kalvennig = (?) mésange bleue). Cf. (?) barbellig. 
Saint-Yvy (sud de la Basse Cornouaille): "papilonig" (o nasalisé) (Heusaff, Geriaoueg Sant-Ivi, 1996, p. 246). 
Plougastel-Daoulas (nord-ouest de la Cornouaille): quelque chose comme "papilhoreg" (d'après Rozmoal, Plougastell, Torret e ziouaskell!, 1995, p. 106). 
Saint-Pol-de-Léon (siège de l'ancien évêché du Léon): "papilhoun" (Sommerfelt, Le breton parlé à Saint-Pol-de-Léon, 1919, rééd. de 1978 par Falc'hun et Oftedal, p. 62). 
VANNETAIS 
Ile de Groix (Bas Vannetais maritime): "balouwen" (Ternes, Grammaire structurale…, 1970, p. 26). "balouen (Gr.), f. papillon" (Suppl. de Le Goff au DBFV d'Ernault, 1919, p. 5). "babelé, m. pl. –ied (Gr.), badaud" (Suppl. de Le Goff au DBFV d'Ernault, 1919, p. 5). "boblé (Crac'h, Gr.), nigaud" (Suppl. de Le Goff au DBFV d'Ernault, 1919, p. Sioul. 
Vannetais maritime: "bebe" et "bebelan". Plouhinec & Plouharnel: "bébé, s. pl. -éieu, papillon", p. 6 du Suppl. de Le Goff à Ernault. "meleuen (Arv.), f. papillon" (Suppl. de Le Goff au DBFV d'Ernault, 1919, p. 5). 
Quiberon: beulëyan ( ≈ bœlë'yàn, "ailleurs beleuen", G. Bernier, AB, 1954, t. LXI, p. 22) 
Vannetais: "baluen, f. papillon" (Suppl. de Le Goff au DBFV d'Ernault, 1919, p. 5). 
Vannetais intérieur (Pourlet?): "bobelan, m. pl. –ed (Bv.), papillon" (Suppl. de Le Goff au DBFV d'Ernault, 1919, p. Sioul. 
Vannetais de l'ALRP: voir carte n°024 roîtelet bobelan. Là où le roîtelet est "bobelan", le papillon doit, en principe, s'appeler autrement. 
POHER (autour de Carhaix, Haute Cornouaille): "barbellig" et "barboullig" (dictionnaire de F. Favereau) (à rapprocher peut-être, mais probablement fausse étymologie populaire, de "berrboellig" = court-réfléchi, inconstant) & "babellig" (Trevidig & Aoffred, Hor Yezh 144, 1982, p. 4), comparer au vannetais "bobelan, bebelan" (vraisemblablement étymon commun du latin papilio par *pabel-). 
TRÉGOR: "melvenn" (Troude, dictionnaire français-breton de 1869, p. 648). "Melvenn" est aussi le limaçon (Troude, Dict. BF, 1876, p. 449) (mais autre mot, probablement forme de melc'hwedenn). Rapprocher: Baluen, beleuen, meleuen, melvenn. Baluen (Groix?), meleuen (pour *maleuen? Cf. balafenn) (Arv. = vannetais maritime), melvenn (pour *malvenn ou *malavenn?) (Trégor, selon Troude). 
Il y a aussi "aelig-an-hañv", = angelot de l'été. 
Deshayes rapproche "bobelan" de l'ancien français "bobelin" (1220) "nigaud, fat, insolent". Cf. "babelé" = badaud à Groix et "boblé" = nigaud à Crac'h et à Groix. Pour "balafenn", "balauenn" en 1499 (Katolikon), "balavenn" Le Bris 1709, cf. l'appellation donnée à Groix, il cite l'hypothèse de V. Henry. On aurait un croisement entre *pabelen (du latin) et *falen (du latin aussi). Peut-être a-t-on en "bobelan" un descendant direct de *pabellen, sans lien avec l'ancien français "bobelin".