La Marseillaise et Bernarda

Quelques photos du spectacle monté par Emmanuelle Lenne et Annette Coquet à Authon : ‘la Maison de Bernarda Alba‘; j’étais de l’aventure !

crédit photos : Annette Coquet, Charles Parnet

Et un article de presse de la marseillaise pour le spectacle

7 mars 2010

 

 

 

 

Eh oui, voilà; plus que deux jours avant mon retour dans la froidure parisienne… je goûte chaque goutte de transpiration….

Il s’en est passé des événements depuis mon dernier mail….

Retour à Ouaga, et visite du village de Tiébélé à 2 heures de route. Là bas, c’est encore une autre langue : le Kassina. Je me suis contentée d’apprendre à dire merci : Dillé (en Dioula, parlé à Bobo, c’est ani tié, et en Moré, parlé à Ouaga, c’est barka).

Tiébélé est réputé pour ses maisons décorées : nous en avons visité une, une cour où vivent 149 personnes. Plusieurs cases organisées autour d’une cour centrale, où sont gardés les animaux ( bovins, moutons). Plusieurs sortes de cases : les cases en huit, pour les vieux couples, les cases carrées pour les jeunes couples, le cases rondes, pour les célibataires. Dans la cour centrale, un grenier à mil collectif, dont les femmes n’ont pas le droit de voir le contenu : s’il ne reste pas assez à manger, elles pourraient partir…les cases en huit avec une chicane à l’entrée, pour décapiter un ennemi qui chercherait à s’introduire….des poteries à l’intérieur, pour garder le trésor des femmes (bijoux et condiments), des calebasses pour la nourriture et l’eau, des nattes pour la nuit accrochées au plafond….c’est très petit (petits enfants et grands parents peuvent y dormir ensemble). Et des fétiches en quantité (les Kassinas sont animistes). Dans la seule case que nous avons visité, il y en avait 5 ! Interdit de les prendre en photo, et même pour le guide d’expliquer leur pouvoir… Un autel à sacrifices devant la cour, et des sacrifices dans les cours également…Décorations au kaolin, au charbon (remplacé dans nos temps modernes par du goudron), le tout recouvert d’un vernis coloré au néré…. Chaque décoration a sa signification : un boa, des ailes de milan noir (ici ils bouffent les poussins, et il faut s’en protéger), des tessons de calebasse et de poteries, pour rappeler aux femmes que c’est précieux et qu’il faut y faire attention, des filets de pêche car une année de famine, les hommes sont partis pêcher dans un pays voisin et cela les a sauvés….. La décoration est la travail des femmes, et c’est un travail collectif. Mais comme cela demande beaucoup d’entretien, c’est une tradition en voie de disparition…Les Kassina sont à la fois agriculteurs et éleveurs… Ils y a aussi d’autres métiers, tisserands, forgerons, potiers….Cela semble une organisation très différente de Ouhabou, où cohabitaient plusieurs ethnies avec chacune leur spécialité, et où il y avait du troc entre éleveurs et agriculteurs (du lait et de la viande contre du mil).

il y a une retenue d’eau et des canaux qui irriguent des jardins gérés par une association communale. Patates douces, haricots, piments, oseille, arachides à la saison humide…Pour avoir de la terre dans ce village, il faut d’abord aller voir le chef de terre, puis après régulariser avec le cadastre. Le canal a été réalisé en coopération avec une asso tourangelle il y a une 15zaine d’années. Les jardins sont plantés d’un mix de cultures vivrières et commerciales. Le bénéfice sert à scolariser des enfants. Il y a beaucoup d’échanges commerciaux avec le Ghana tout proche, et le village a l’air moins pauvre que Ouhabou par exemple.

Retour à Ouaga, et visite du parc de Luango : des sculptures en plein air dans un chaos de granit, réalisées par des sculpteurs de tous horizons, Afrique de l’ouest, Europe, Maghreb…Certaines sculptures intégrées aux roches existantes, d’autres ajoutées…Il y en a pour tous les goûts : un bel esprit du baobab, des oiseaux en équilibre sur un rochers, des jardins étoilés…. des figuratives et des abstraites, des monumentales et des relativement plus petites…

Soirée d’adieu de Noufou qui rentrait en France, capitaine grillé et aloko (banane plantain frite), et suite de soirée dans un dancing avec de la musique live….Là dansaient des gens d’un certain âge et d’un volume certain…. Encore de la fesse – assumée – et du beau boubou !

Rencontré aujourd’hui dans la villa dans laquelle je dors un belge qui travaille sur des projets de théâtre et de festivals… Festival de musique prévu en décembre en pays touareg : avis aux amateurs (trices) ! J’ai passé l’après-midi a assister à une séance de travail théâtral avec des femmes du quartier….

Plein d’autres choses encore à vous raconter, ce sera à mon retour (je suis en train d’épuiser mon crédit internet…) : rappelez moi de vous parler du Pam, des WaKmen de l’UNICEF… 


Expression(s)

Ça a commencé il y a bientôt 20 ans, de manière banale, anodine : la participation à un atelier de théâtre…de fil en rencontre, le théâtre m’a amené au clown. Le clown se pratique seul (enfin, je veux dire, en tant que discipline, pas en tant qu’individu !) ou combiné avec d’autres disciplines, et combiné il l’a souvent été : croisements fertiles avec la danse (danse contemporaine, danse Buto, tango… d’autres encore bien sur sont possibles, je ne les ai pas expérimentés), avec le chant…puis, travail de danse et de chant par eux-mêmes…
Une formation multiple donc :
Le Clown, avec en particulier :
J’aime cet espace où l’on peut être un monstre cruel, puis dans l’instant suivant un papillon, ou amoureux d’un arbre qui vous chante ‘we all live in a yellow submarine’, où l’on peut accoucher de sa mère – les fans de psychanalyse apprécieront -…, où la grandeur est de révéler ses failles, où l’on rit, aussi, avec soi, avec ses partenaires, avec le public. Cet espace où, pour être juste, il faut être dans l’instant présent, habiter son corps et ses émotions avec plénitude, et le partager  – c’est un idéal, mais quand j’y arrive, quel bonheur !
La danse avec en particulier : Annette Coquet, Bruno Salvadori, Fançoise Jasmin, les sœurs Bustello
La pratique de la danse buto tout spécialement m’a permis de trouver une forme de liberté, qui a irrigué mes autres pratiques :
La patiente et l’intensité, la colère et le grotesque, la densité et l’infinie légèreté… un mode d’expression qui dépasse les codes de la danse, et par là même peut toucher chacun
Une phrase qui me touche :
« La danse n’est pas seulement ce qui se voit mais elle vit d’abord à l’intérieur du danseur. Ce n’est pas la forme qui compte, mais le mouvement invisible, intérieur » Butô(s), Editions CNRS, 2002
Le chant avec Anne Bourreau, Emmanuelle Bunel
Le théâtre, avec dernièrement Emmanuelle Lenne, au théâtre du fil
Tout cela débouche sur des représentations publiques de spectacles , des collaborations en clown avec des associations pour des manifestations ponctuelles, des participations à des événements …